Mettez dix femmes et leurs bébés dans une pièce - inévitablement ça va parler d'allaitement à un moment donné. Il y a celles qui donne le bib sans se poser de questions, celles qui ont allaité et qui ont arrêté rapidemment, celles qui allaitent "encore" et de temps en temps on rencontre une femme qui allaite un bambin sous le regard étonné (et parfois malveillant) du groupe.
Allaiter, pouquoi c'est si compliqué?
J'ai toujours un petit pincement au coeur quand j'écoute les femmes parler d'allaitement.
"Moi, j'avais pas de lait"
"J'ai reussi à tenir trois mois!"
"Elle ne voulait plus téter"
"J'ai allaité quand même six mois, c'est déjà pas mal!"
"Et toi tu allaites encore?"
"Le tire-lait une horreur, on aurait dit une vache!"
Notre discours est enfrein de culpabilité ou de plaisir non assumé. Enfin souvent quand même c'est la culpabilité qui prime. Il y a ces femmes qui allaitent par devoir. "Parce que tu comprends le lait chinois ici!". Je rencontre souvent des femmes qui ne prennent aucun plaisir à allaiter. C'est la corvée. Elle compte les minutes. Elles lèvent les yeux au ciel.
De temps en temps je vois une femme, discrète. Elle tient contre elle un bébé. Elle est entièrement concentrée sur ce bébé. Le reste du monde peut s'écrouler, elle est dans un autre temps-espace. Celui de l'allaitement. Elle regarde son bébé, le caresse. Participe un peu au monde exterieur puis revient vers son bébé. Parfois elle préfère s'isoler du groupe, elle part vivre son allaitement derrière une porte close. Pudeur? Parfois la pudeur du plaisir ressenti?
Je ne juge aucune de ces femmes parce que je sais oh combien allaiter c'est compliqué. Toutes les questions qu'on se pose, les heures à méditer "j'en ai marre, j'arrête, mais c'est pas bien, six mois ils disent, mais j'en ai marre, j'ai mal, le pédiatre a dit que, ma mère pense que, mon mari veut donner le biberon..." -
En France j'ai rencontré des bénévoles de la Leche League insupportables qui m'avaient juste donné envie de jeter l'éponge. "Mais de toute façon la première année vous ne vous séparez jamais de votre bébé pourquoi donc vouloir un tire-lait?".
La première consultante en lactation rencontré ici à une réunion maman bébé est venu s'asseoir à côté de moi. On a papoté gentiment. Elle m'a confié a quel point elle avait trouvé ça dur d'allaiter. On a parlé des premiers mois, de notre impression de vivre dans une bulle, d'être incapable de faire autre chose, des sorties qui finalement fatigue plus qu'autre chose, d'avoir envie d'être peinard chez soi, le sein à l'air.
Quand avons nous cesser d'être des mammifères? Quand est ce que c'est devenu SI difficile?
Parfois j'ai envie de partir, courir, nager, une heure ou deux pour moi. Au temps des cromagnons j'aurais sans doute été faire la cueillette mon bébé accroché dans son sling en peau de mammouth et si j'avais eu un empêchement (ben si même les femmes cromagnonnes ont des empêchements) j'imagine qu'une autre femme du groupe aurait pu le prendre et l'allaiter. Pas de tabous. Pas de regards. Pas de jugements.
Le partage de l'allaitement ne me choque pas.
J'ai vu récemment une video magnifique de Salma Hayek allaitant un petit bébé affamé en Sierra Léone http://www.youtube.com/watch?v=Lp6wpmqVMsk&feature=related
J'ai accompagné des femmes en pleurs au téléphone parce que ça faisait atrocement mal. Parce qu'elles avaient envie de tout arrêter. J'ai accompagné des femmes qui ne voulaient pas allaiter - histoire au corps trop compliquée, histoire de mère, de grandmère, de soeur, de cousine, histoire de mari aussi. Histoire de l'allaitement avec un grand H. J'ai vu des femmes essayer désesperement d'allaiter, en pleurs, et me dire "mais pourquoi je n'y arrive pas? pourquoi je n'aime pas?".
Dans Breastfeeding Biocultural Perspectives, Patricia Stuart-Macadam nous informe que chez les !Kun-Sang du Kalahari, les bébés de 36 mois tètent en moyenne quatre fois par heure pendant la journée et plusieurs fois la nuit. Ted Weiner dans The Concept of Weaning : definitions and implications observe qu'au Bangladesh des enfants de trois-quatre ans tètent environ 9 à 10 fois par jour. Récemment encore je lisais un commentaire d'un groupe d'anthropologues qui avait souhaité compter le nombre de tétées en une journée chez une tribu africaine. Il me semble qu'ils arrivaient à plus de 90 tétées par jour. Parfois il est bon de sortir de notre regard étroit de civilisation over-développée...
Mais comment faire le lien vers notre vie moderne et active? Accepter un comportement de mammifère dans nos vies hyper hygienistes, intellectuelles, ordonnées, habillées, maquillées, psychanalysées? La femme dans nos sociétés occidentales n'a plus le droit de se montrer mammifère. Sur les billboards elle est sexuelle ou elle n'est pas.
La naissance aussi est devenue tellement asceptisée, comment la femme pourrait-elle même y entrevoir le sens de l'allaitement. Personne à imiter nonplus, on ne sait plus comment faire, on a perdu le mode d'emploi, et la norme. Les peuples premiers nous semble loin loin, barbares, primitifs. Du coup tout clash quand on veut malgré tout s'atteler à la tâche.
J'ai souvent l'impression d'être deux-en-un pendant mes allaitements. Impression d'un étrange dédoublement de la personalité. Quand le sevrage se fait je suis en deuil. Je ne comprends plus quelle femme j'étais. Quelle était celle qui voulait arrêter à six semaines, à cinq mois, à trois mois? Tout paraissait si simple pourtant dans l'avant.
J'ai du faire un travail sur moi même pour retrouver ma mammalité. Un comble. L'accouchement à la maison a été d'une aide inestimable. Mes méditations aussi. Etre dans l'instant. The power of now. Ou encore la pleine conscience. J'ai mis tous les livres sur l'allaitement à l'abri. Je n'écoute personne. Je vis à l'heure du lait. Ce n'est pas facile. D'être dans le temps du lait, d'être la fontaine, d'être passive, de subir l'emploi du temps de quelqu'un d'autre. Je tends l'oreille, j'écoute. J'ouvre les yeux, je regarde. Je re-découvre un sens perdu.
Allaiter, pouquoi c'est si compliqué?
J'ai toujours un petit pincement au coeur quand j'écoute les femmes parler d'allaitement.
"Moi, j'avais pas de lait"
"J'ai reussi à tenir trois mois!"
"Elle ne voulait plus téter"
"J'ai allaité quand même six mois, c'est déjà pas mal!"
"Et toi tu allaites encore?"
"Le tire-lait une horreur, on aurait dit une vache!"
Notre discours est enfrein de culpabilité ou de plaisir non assumé. Enfin souvent quand même c'est la culpabilité qui prime. Il y a ces femmes qui allaitent par devoir. "Parce que tu comprends le lait chinois ici!". Je rencontre souvent des femmes qui ne prennent aucun plaisir à allaiter. C'est la corvée. Elle compte les minutes. Elles lèvent les yeux au ciel.
De temps en temps je vois une femme, discrète. Elle tient contre elle un bébé. Elle est entièrement concentrée sur ce bébé. Le reste du monde peut s'écrouler, elle est dans un autre temps-espace. Celui de l'allaitement. Elle regarde son bébé, le caresse. Participe un peu au monde exterieur puis revient vers son bébé. Parfois elle préfère s'isoler du groupe, elle part vivre son allaitement derrière une porte close. Pudeur? Parfois la pudeur du plaisir ressenti?
Je ne juge aucune de ces femmes parce que je sais oh combien allaiter c'est compliqué. Toutes les questions qu'on se pose, les heures à méditer "j'en ai marre, j'arrête, mais c'est pas bien, six mois ils disent, mais j'en ai marre, j'ai mal, le pédiatre a dit que, ma mère pense que, mon mari veut donner le biberon..." -
En France j'ai rencontré des bénévoles de la Leche League insupportables qui m'avaient juste donné envie de jeter l'éponge. "Mais de toute façon la première année vous ne vous séparez jamais de votre bébé pourquoi donc vouloir un tire-lait?".
La première consultante en lactation rencontré ici à une réunion maman bébé est venu s'asseoir à côté de moi. On a papoté gentiment. Elle m'a confié a quel point elle avait trouvé ça dur d'allaiter. On a parlé des premiers mois, de notre impression de vivre dans une bulle, d'être incapable de faire autre chose, des sorties qui finalement fatigue plus qu'autre chose, d'avoir envie d'être peinard chez soi, le sein à l'air.
Quand avons nous cesser d'être des mammifères? Quand est ce que c'est devenu SI difficile?
Parfois j'ai envie de partir, courir, nager, une heure ou deux pour moi. Au temps des cromagnons j'aurais sans doute été faire la cueillette mon bébé accroché dans son sling en peau de mammouth et si j'avais eu un empêchement (ben si même les femmes cromagnonnes ont des empêchements) j'imagine qu'une autre femme du groupe aurait pu le prendre et l'allaiter. Pas de tabous. Pas de regards. Pas de jugements.
Le partage de l'allaitement ne me choque pas.
J'ai vu récemment une video magnifique de Salma Hayek allaitant un petit bébé affamé en Sierra Léone http://www.youtube.com/watch?v=Lp6wpmqVMsk&feature=related
J'ai accompagné des femmes en pleurs au téléphone parce que ça faisait atrocement mal. Parce qu'elles avaient envie de tout arrêter. J'ai accompagné des femmes qui ne voulaient pas allaiter - histoire au corps trop compliquée, histoire de mère, de grandmère, de soeur, de cousine, histoire de mari aussi. Histoire de l'allaitement avec un grand H. J'ai vu des femmes essayer désesperement d'allaiter, en pleurs, et me dire "mais pourquoi je n'y arrive pas? pourquoi je n'aime pas?".
Dans Breastfeeding Biocultural Perspectives, Patricia Stuart-Macadam nous informe que chez les !Kun-Sang du Kalahari, les bébés de 36 mois tètent en moyenne quatre fois par heure pendant la journée et plusieurs fois la nuit. Ted Weiner dans The Concept of Weaning : definitions and implications observe qu'au Bangladesh des enfants de trois-quatre ans tètent environ 9 à 10 fois par jour. Récemment encore je lisais un commentaire d'un groupe d'anthropologues qui avait souhaité compter le nombre de tétées en une journée chez une tribu africaine. Il me semble qu'ils arrivaient à plus de 90 tétées par jour. Parfois il est bon de sortir de notre regard étroit de civilisation over-développée...
Mais comment faire le lien vers notre vie moderne et active? Accepter un comportement de mammifère dans nos vies hyper hygienistes, intellectuelles, ordonnées, habillées, maquillées, psychanalysées? La femme dans nos sociétés occidentales n'a plus le droit de se montrer mammifère. Sur les billboards elle est sexuelle ou elle n'est pas.
La naissance aussi est devenue tellement asceptisée, comment la femme pourrait-elle même y entrevoir le sens de l'allaitement. Personne à imiter nonplus, on ne sait plus comment faire, on a perdu le mode d'emploi, et la norme. Les peuples premiers nous semble loin loin, barbares, primitifs. Du coup tout clash quand on veut malgré tout s'atteler à la tâche.
J'ai souvent l'impression d'être deux-en-un pendant mes allaitements. Impression d'un étrange dédoublement de la personalité. Quand le sevrage se fait je suis en deuil. Je ne comprends plus quelle femme j'étais. Quelle était celle qui voulait arrêter à six semaines, à cinq mois, à trois mois? Tout paraissait si simple pourtant dans l'avant.
J'ai du faire un travail sur moi même pour retrouver ma mammalité. Un comble. L'accouchement à la maison a été d'une aide inestimable. Mes méditations aussi. Etre dans l'instant. The power of now. Ou encore la pleine conscience. J'ai mis tous les livres sur l'allaitement à l'abri. Je n'écoute personne. Je vis à l'heure du lait. Ce n'est pas facile. D'être dans le temps du lait, d'être la fontaine, d'être passive, de subir l'emploi du temps de quelqu'un d'autre. Je tends l'oreille, j'écoute. J'ouvre les yeux, je regarde. Je re-découvre un sens perdu.
13 commentaires:
Comme (très) souvent ton post me touche, m'émeut, me parle! Moi j'allaite et j'aime ça (bien sûr il y a des moments parfois un peu plus "difficiles", comme en étant malade par exemple) mais pour moi c'est si précieux, inestimable et j'aime que cela me ramène au sens profond de la nature et à mon côté "animal" (comme pour l'accouchement à la maison).
Quant à la vidéo de Salma Hayek je trouve ça si beau et généreux (par contre certains commentaires sont si odieux voire haineux pour certains)
Hélas oui très controversé cette video - les journalistes commentaient en disant ah si c'est salma hayek moi aussi je voudrais bien tt!
j'ai mis la video sans l'introduction au journal que je trouve vraiment d'un mauvais gout...
Quel age ont tes enfants que tu allaites?xxx
La relation d'un à un autre un, ce n'est jamais simple ...
Bises
Delphine
L'opposé est aussi assez dur à vivre car celles qui n'allaitent pas se sentent aussi extrêment coupables lorsqu'elles "avouent" qu'elles ne le font pas. Après le "ooh.." qui sert de réponse, on se sent alors obligé de justifier ce choix et après on va se cacher loin, très loin...
Tes mots résonnent en moi ! J'aime allaiter, j'ai toujours pensé que c'était possible et je ne me suis jamais posé beaucoup de questions... J'ai aussi appris à ne pas écouter les avis extérieurs trop "negatifs" à mon gout... Bien m'en a pris !
Sylvie: Oui effectivement. Et je ne me permets pas de poser un jugement - J'ai bo trouver que c'est ce qu'il y a de meilleur pour un bb, je ne peux pas juger du corps ou de la culture (ou mm du degré de conditionnement) de la personne. J'aimerais parfois en tant qu'accompagnante avoir de la poudre de perlinpinpin pour dire aux femmes "allez essayez" mais ca ne marche pas comme ça...c'est pour ça que je dis que c'est compliqué parce que tout le monde est là a se regarder et a passer des jugements (sans parler des hommes ou des medecins!)Et on passe à côtés des vraies questions...
comme je me retrouve dans tes propos...et combien de fois je me suis posée ces questions "pourquoi est-ce si difficile? pourquoi faut-il qu'on se pose autant de questions? et surtout, dans un choix comme dans l'autre, pourquoi le regard des autres est-il si pesant?....pour Saya je l'ai vécu comme une revanche mais ça tenait limite du combat! je culpabilisais tellement de m'être arrêté aux 2 mois d'Élora...mais rien n'a été simple! beaucoup de lait, énoooormément de lait: un REF qui me faisait flipper des engorgements, des crevasses avec une douleur qui a perduré et durée, tant est si bien que j'hésitais à la mettre plus souvent au sein pour me soulager (et est-ce que j'en avais vraiment envie qu'elle y soit accrochée non-stop à mon sein??? tout le temps cette fichu appréhension de se faire bouffer, je serais bien curieuse de savoir d'où vient cette peur??...)
comme les douleurs ont persisté on a suspecté une candidose: je pleurais pendant et entre les tétées, animatrice lll au téléphone, consultante à domicile, les 3 premiers mois j'ai compté les jours! dieu merci ça c'est calmé ensuite (mais pas le REF...) les 10 mois (à temps plein) de notre histoire ont été ponctué par des ampoules de lait (4 en tout) et 1 engorgement...
malgré tout je ne regrette rien, j'ai pleuré les jours qui ont suivis la dernière tétée de Saya, c'est tellement contradictoire de se dire "là, j'entreprends d'arrêter, c'est mieux ainsi..." et d'être réellement en souffrance quand ça prend bel et bien fin..
pour moi, l'allaitement n'est pas compatible avec la reprise du travail, je suis allergique au tire-lait, je n'aurais jamais pu continuer si j'avais bosser! (mais en même temps c'est la perspective de la reprise qui m'a fait arrêter! >_<)
En tout cas je n'oublierais jamais Saya plongeant son regard dans le mien, sa main qui tient la mienne ou qui me caresse, ces pures moment de plénitude et de sérénité, la 1ère fois qu'elle a dit "tétééééé" en tirant sur mon t-shirt, pour tout ça je reprendrais le même chemin...
Et bien ma fille, qui a maintenant 5 ans et demi, je l'ai allaité jusqu'à 23 mois et mon petit je l'allaite toujours et il a 20 mois (et comme Isa, j'adore quand il dit "tétée" pour réclamer, un de ses premiers mots, sinon le premier... même dans un demi-sommeil il le dit pour demander sa tétée ^^), voilà :)
Hello ma belle !
Tu parles si bien des difficultés socio-culturelles et individuelles à vivre une relation d'allaitement de façon sereine. Tu ne voudrais pas écrire un article sur la question pour Femmes Sauvages ? ;-))
Vous êtes plusieurs à évoquer le déchirement de la "dernière" tétée. Mais j'ai envie de poser la question : si c'est si dur, cela ne signifie-til pas qu'il y a quelque chose d'anti-naturel, d'anormal (au sens de la norme biologique) à décider *rationnellement* ou *intellectuellement* d'interrompre la relation d'allaitement ? Comment peut-on dire qu'une tétée est la dernière si on ne l'a pas intellectuellement décidé et toutes ces raisons rationnelles ou intellectuelles ne reflètent-elles pas nos limites indivuduelles, ne représentent-elles pas le maximum de variation qu'on s'autorise par rapport au modèle socio-culturel standard ?
J'ose croire que notre corps est une "machine" bien faite et que les réactions de nos corps, nos émotions sont de bons indices de la "normalité" d'une situation. Si c'est si dur de sevrer son bébé, c'est selon moi sûrement que la décision de sevrer n'est pas quelque chose de naturel, qui réponde à nos besoins spécifiques. Le sevrage ne se décide pas. It just happens, les enfants arrêtent juste de téter un jour (et on ne pourra dire que c'était la dernière tétée que lorsque plusieurs mois se seront écoulés) et that's all.
Bisous ma chère Sandra.
Ah la la ... les autres ... on vivrait si bien si on ignorait ce que font/pensent les autres ... et cette fichue histoire de culpabilité, qui revient sans cesse.
J'ai allaité Augustine 10 mois, lorsque je le dis à des non allaitantes, j'essaie de ne me sentir ni fière, ni revendicatrice, lorsque je le dis a des allaitantes longue durée, j'essaie de ne ressentir aucune culpabilité. Pas facile.
Je crois que cette culpabilité de l'allaitement, elle vient parce que, de manière générale, nous vivons en permanence entre 2 mondes: le notre, celui que nous voulons secretement, le vrai, et celui que l'on nous impose, en brutalité ou en hypocrisie. On "a envie de" et en même temps "on devrait". Qui sont nos héros ? Les gens qui font vraiment ce qu'ils veulent, sans se soucier de ce qu'ils devraient être, dans la société.
J'espère, pour celui-qui-vient, avoir le courage de conduire mes choix ... et d'allaiter, autant que nous le voudrons, puisque c'est mon souhaits ...
Merci pour ce texte Sandra !
Dali, je te rejoins tout à fait! nombre de femmes commencent leur allaitement sans savoir combien de temps il va durer alors que d'autres se fixent dès le départ "une date"!
fort est de constater que dans un cas comme dans l'autre, y'en a un sacré paquet qui se sentira mal de devoir arrêter (arguments socio-culturels à l'appui contre tout principe physiologique...) si c'est si dur, c'est que ce n'est pas "naturel" et qu'on va à l'encontre de ce qu'on ressent, je suis d'accord avec toi...mais je n'ai pas de solution!!! pour moi c'est à mettre dans la même case que le "je souffre le martyr à reprendre mon travail en laissant mes filles...mais faut bien payer les factures!" entre ce que nous disent notre cœur et notre corps et ce que nous impose la vie, il y a parfois un gouffre et ensuite notre capacité à "accepter" les choses, bon gré mal gré!
pour ma part, je suis heureuse de l'allaitement que j'ai eu avec Saya compte-tenu du fait que c'était une réelle avancée pour moi par rapport à l'allaitement d'Élora! maintenant, si la vie me donne un jour un 3ème enfant (je vous le dit tout de suite ce n'est pas du tout à l'ordre du jour !!! mdr) je sais qu'un allaitement long et un enfant qui s'arrête de lui même me laisse songeuse pour ne pas dire rêveuse ;)
Merci pour ce beau texte.
Effectivement il faut beaucoup de force intérieure - surtout après un premier accouchement - pour "se lancer dans" l'allaitement en piochant au passage les bons conseils que l'on peut recevoir des personnes compétentes et bienveillantes et en ne faisant aucun cas des avis des autres...Pourquoi donc, pour ce qui est de la grossesse, de l'accouchement et surtout de l'allaitement, tout le monde a envie de rajouter son grain de sel? Heureusement cela se tasse quand on est à son 2ème, 3ème, 4ème bébé!
J'ai eu la chance d'être accompagnée par des consultantes en allaitement très pro à Genève pour mes deux premiers bébés...Mais bon cela a été difficile et douloureux quand même!
Heureusement j'ai persévéré et là cela fait plus de huit mois que j'allaite ma petite troisième avec tellement de bonheur! Comme tu dis Sandra, c'est le "power of now"...Pour tout le reste je n'y arrive pas (quand je fais un truc, je pense toujours aux autres choses sur la liste...)...mais quand j'allaite, j'y suis à 100%...et je n'ai vraiment pas envie de penser au jour où cela va s'arrêter.
Le "allaiter en public" est aussi un sujet en soi...Impossible de plaire à tout le monde??! On allaite en public, on passe pour une exhibitionniste (Entendu d'une copine: "Ma belle-soeur allaitait comme ça, en famille...Elle sortait ses coussinets, tu aurais dû voir la tête de mon père!". On se "cache", on passe pour une coincée qui fait bien des manières...(Entendu d'une autre: "Ma belle-soeur était hystérique pendant son allaitement. Elle se retirait dans une chambre et quand par malheur ma tante est entrée par mégarde, elle en a fait une maladie")
oui, pourquoi est ce si compliqué ?
j'ai totalement foiré mon allaitement avec lucie parce que je ne savais pas, je ne savais rien du tout, personne ne m'a aidé, aucune transmission... à peine quelques jours à la maternité et puis la douleur, la pression de l'entourage, le médecin ... j'ai arrêté. Sur le coup, j'étais contente...
Et puis le temps à passé et je ne me sentais pas vraiment mère, même si j'aimais (et j'aime toujours) ma fille... peutêtre pour ça que quand j'ai divorcé j'ai pu laisser la garde à son papa...
L'allaitement de Tiago m'a fait naitre mère !!! il est inenvisageable que je puisse me séparer de mon petit comme j'ai pu le faire pour lucie.
Je reprends le boulot mardi, ça me crève le coeur, j'en pleure... mais je ne peux pas faire autrement, alors je me résouds à le laisser trois jours par semaines... mais que ça va être long ! j'essaye de pas trop y penser, alors pour moi penser au sevrage, non, impensable pour le moment, impossible...
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