jeudi 29 octobre 2009

Shanghai surprise: episode 1

Shanghai nous a surpris et dans tous les sens du terme. Moi la première puisqu'à la base je n'avais pas du tout envie d'aller en Chine. Je ne sais pas pourquoi mais depuis Wild Swans que j'ai du lire il y a 15 ans et le vieux film The Inn of the Sixth Happiness avec Ingrid Bergman j'avais un peu l'impression que la Chine méprisait beaucoup les femmes ("pays de barbare" etc). Et tout cela se confirme puisque pendant six jours c'est Mr Grémichon qu'on a félicité pour ses quatres beaux enfants alors qu'on ignorait royalement Bibi qui se tenait à ses côtés (of course). Passons. Shanghai est aujourd'hui un gigantesque chantier. Je vous entends me dire "bah Singapour aussi". Sauf que Shanghai c'est toute la ville et c'est pas pour construire des condo. Nope. Shanghai reconstruit TOUT. Les trottoirs, les temples, les hotels. TOUT. Pour être pimpante pour l'expo 2010. Ce n'est donc pas la ville touristique idéale. La pollution + la poussière ça tire beaucoup sur les poumons. Et on est un peu comme mort à la fin d'une journée de visite avec quatre enfants dont une dans l'écharpe. On a la peau sèche, le cheveux en pétard. Et tout est recouvert d'une fine couche de poussière. Ce qui donne un aspect mat et vieillot à absolument tout.
Ce qui m'a beaucoup frappé à mon retour c'est la verdure de Singapour et le fait que tout brille.
Shanghai est recouvert d'un haze que l'on voit très bien quand on monte dans une des nombreuses mega-tour.

P. et S. nous ont fait monter dans la Tour Jin-Mao (récemment escaladée par Alain Robert) d'où nous avions une vue splendide sur la ville et toutes les contructions modernes autour. Un petit tour par le puit intérieur de l'hotel (85ième?) a fini de nous fiche la trouille et nous sommes donc vite resdescendu. Ce jour là nous avions également visité la vieille ville. Du moins ce qu'il en reste. Les passants ébahis par 1/ la famille nombreuse 2/blonde 3/ le bébé dans l'écharpe SANS cheveux, sortaient de leurs maisons pour nous saluer ou pour toucher le bébé. Malgré l'insalubrité j'ai été touchée par cette image de la vieille vieille Chine: les minuscules pièces où s'entassent des familles entières autour d'un bol de riz, des grandmères jouant au mahjong ou des hommes agglutinés autour d'un jeu de carte, les nourrissons les fesses à l'air et les joues rouges et drues comme les bébés que nous avions vu dans la cordillère des Andes. La vieille ville c'est aussi le marché aux crickets.

Les enfants nous ont supplié d'en acheté un - c'est vrai c'est mignon, ils vendent même les mini gamelles en porcelaine pour aller dans le petit pot qui lui sert d'habitacle. Sur le même marché: poissons, oiseaux, beaucoup de vers (faut bien les nourrir les bêtes), quelques chats... et surtout beaucoup d'yeux nous zieutant, beaucoup de mains pour nous toucher. Le depaysement fut total.
Le lendemain matin nous partions à la découverte de la Concession Française à pied avec notre petite tribu. Une promenade agréable dans un quartier bordé de platanes (nous découvrons au passage que le platane est un arbre chinois). Très européen somme toute, si on fait abstraction des vendeurs de crabes, de l'égorgeur de poulet et des nombreuses petites vélo-voiturette vendant tout et n'importe quoi ou transportant des pneux, du carton, chargé jusqu'au ciel.
To be continued...

mercredi 28 octobre 2009

Un fantôme (maman solo day 1)


J'ai réussi à lever, habiller, faire manger mes quatre yoyos, les mettre au bus tout ça après une nuit sans sommeil. Hier figurez vous qu'une proche m'a raconté qu'elle avait vu un fantôme chez elle. Je vous assure que j'étais pas tranquille après cette histoire... j'ai pas fermé l'oeil de la nuit. En mode "louve qui surveille ses petits" (et accessoirement la best French friend qui est arrivée hier matin, qui a croisé Mr Gremichon et qui pourrait même le revoir à Paris avant son retour vers Singap- raaaah c'est la world attitude).
Pour en revenir aux fantômes ce n'est pas la première fois qu'on me parle d'esprits à Singapour. J'ai tendance à balayer ça d'un revers de la main même si deep down j'ai un peu les choquottes. Mais là c'est arrivé à une collègue, dans sa maison. Le dit esprit a été entendu et vu par plusieurs personnes et avant de s'installer dans cette maison on avait prévenu mon amie qu'elle était hantée. Argh. Je n'ai jamais aimé cette maison, ce qui explique peut être pourquoi j'y travaille "mal"...
Que des histoires?

J'en profite pour vous parler de deux livres très couleur locale:
Dans The Mile Hi! Club, Memoirs of a Stewardess, Janet Chew sans jamais nommer la très réputée compagnie aérienne de Singapour , relate ses années hôtesse de l'air et dédie tout un chapitre aux fantômes rencontrés dans certains hotels. Pour le reste le livre est mal écrit mais il y a des détails assez croustillants sur la gestion interne et les petites piques entre collègues (tout ce que vous ne voyez pas quand vous vous faites servir votre plat de chicken noodles). Ca se lit un peu comme le Gala chez le coiffeur mais ça donne aussi une bonne idée de la discipline et de la torture vestimentaire quotidienne qu'elles doivent endurer, ces belles dames que mes filles admirent tant (vous trouvez pas qu'il faudrait un mini-uniforme SA pour représenter Singapour au United Nations Day dans les écoles?)

L'autre livre que j'aime nettement plus est Taxi Tales on A Crooked Bridge de Charlene Rajendran. L'auteur a fait parler des chauffeurs de taxi à Singapour et s'interroge sur les préjugés, les classes sociales, les mélanges d'ethnies et de nationalités - une petite philosophie de la taxi life en somme. Un bouquin original qui se lit par petits bouts.

Et parlant de taxi story:
Saviez-vous qu'une femme assassinée, découpée en huit morceaux et éparpillées au quatre coins des fondations en béton de ION fait que les locaux disent que le mall est voué à la faillite? Son fantôme y rode la nuit, beware! Brrrrr...

Sage stick anyone?

lundi 26 octobre 2009

Busy times

(devant le Bund)

L'angoisse de la page blanche eh oui ça arrive. Voilà trois jours que je regarde mon piti écran, que j'ai envie de vous parler de Shanghai et rien de rien. Truth is je suis un peu épuisée et je me garde une petite reserve parce que Mr Gremichon s'en va demain pour dix jours. Je ne vais pas dire que j'ai peur mais... j'ai très peur. Lever les yoyos, les faire manger, leur faire prendre le bus, être calme et souriante et écouter les histoires, questions, angoisses du jour, jeter un oeil sur les devoirs, organiser le dîner, préparer les déguisements pour vendredi (United Nations Day is upon us - ), faire la class mum, mais aussi pendant ce temps là gérer mon agenda personnel ("mais Maman tu travailles pas toi, tu es en vacances genre tout le temps" SIC). Les visites, les cours sans parler de ma situation administrative qui n'est toujours pas au point (OU est ce que je vais trouver 30 minutes uninterrupted devant l'ordi?). Bref. Et une de mes very best French friends arrive demain. Pas tellement envie de faire visiter Singapour (here! see! the Merlion! Can we go crash by the pool now? ;-) J'espère qu'elle sera indulgente...). Mes yoyos sont un peu déchaînés aussi en ce moment. Adèle ne veut pas se déguiser vendredi. C'est nul. Aubin ne veut pas se déguiser nonplus. Mais au fait il a besoin d'une chemise blanche pour vendredi. Ah. Finalement Adèle veut y aller en espagnole pas en française. Ah et au fait j'ai une Halloween party vendredi soir. Ah. Et Elvire apprend des gros mots à l'école "Mom put some rice in my plate or I will kick your butt, now!". Right. Sans parler d'Eleonore qui est dans une petite phase d'accélération sur tous les plans: découverte de la position debout, nouvelles vocalises, mais aussi une dent qui pousse et donc rhume, fièvre, grognon.
Alors si ça vous embête pas je vais aller me coucher et je vous laisse quelques premières photos en attendant de vous parler de nos périples shanghaiens!


(Eleonore au Din Tai Fung)

(Adèle à l'Aquarium)

(Jade Buddha Temple)

(Elvire se fait toujours autant prendre en photo)

(une des plus jolies choses vues - dixit l'adepte des gros ventre!)

samedi 10 octobre 2009

Huit mois et des poussières


Elle a deux dents, elle aime le orange, elle recule quand elle veut avancer. Elle sait dire au revoir et bonjour de la main mais ça veut aussi dire j'ai assez ou encore. Elle aime aller dans l'eau. Elle déteste la poussette. Elle a un petit côté blasé dans le taxi. Elle met tout en bouche, absolument tout. Elle aime ses soeurs et son frère. Dit "mama" "obah". Elle aime les instruments de musique et les chansons. Elle dort plutôt pas mal si on lui pardonne sa petite soif nocturne de 3h ou 5h45 ou encore 1h30. Ou alors c'est le voisin qui la réveille. Elle transpire des seaux. Et boit des litres. Elle n'a toujours pas un poil sur le caillou mais on frotte son petit crâne d'oeuf en esperant que ça va venir. Elle se met debout et se laisse tomber en arrière. Elle lève le popotin, se met assise toute seule mais le quat'patt c'est pas encore son truc. Elle porte le ptit short éponge et la petite tunique sans manche à ravir. Les chaussons elle les balance. Elle aime les étiquettes et tous les petits trucs qui dépassent qu'elle pince entre pouce et index. Elle prend son temps. Et nous on est bien content, d'avoir le temps de la voir grandir...

Couture...

Comme promis quelques photos de mes premiers pas en couture...

Une taie de coussin pour le salon (un peu grande)

Le sarouel pour Eleonore - Les Intemporels:



Et en cours, la barboteuse des Intemporels également.

vendredi 9 octobre 2009

The bra lady


Suit un post de filles. Si t'es un mec je t'empêche pas de lire hein mais prévenu tu auras été.

Je sais pas vous mais moi les soutifs à Singapour je trouve pas. Je suis en ligne direct avec princessemachin en France parce que j'arrive pas à me fournir ici. Et vu la vitesse à laquelle les vêtements s'usent dans cette humidité (enfin chez moi) la consommation est assez importante pour que se soit un truc qui me fasse parcourir la ville en long et en large.
Récapitulons: pourquoi le soutif singapourien ne va-t-il pas?
1/ il est gros. Comprendre "padded". TOUJOURS. J'en ai rien à faire moi du padded. J'en ai pas besoin déjà. Et en plus ça sent le styrofoam made in china. Et oh miracle un jour tu trouves du princessetamtam et en fait non, c'est du tamtam padded. God damn fuck.
2/il est jamais à ma taille. Je suis de genre nordique. Un peu costaude des os. Je suis déjà un XL en vêtements ICI (chez moi je fais un 40 normal) alors en bra size singapourien laisse tomber. Je veux même pas lire la table de conversion.
3/ il est MOCHE, il est mal coupé, il est en polyester, en dentelle élastique et il pue. Voilà.
On avait donc le choix entre Playtex modèle arrière grandmère ou soutif.fr via une âme charitable qui t'expédie le paquet (et tu achètes toujours le même puisque les autres tu sais pas si ça va t'aller). Pathétique n'est ce pas?

L'année dernière au café des parents une maman avait exposé un soutien gorge d'allaitement magnifique. Sage femme suédoise, elle et moi nous avions vite sympatisé (d'autant que sa fille s'appellait comme la mienne) et elle m'a confié qu'il y avait à Singapour une bra lady pour nous, oversized expats girls. J'ai attendu le degré extrême de frustration aigue pour traverser la ville direction Holland Village. Au troisième étage, il y a une rikiki boutique qui s'appelle Change. Une grande danoise, Mette, t'y accueille les bras ouverts et le buste généreux. Il fut un temps au Printemps ou au Galeries Lafayette où une vendeuse venait t'aider en cabine avec un mètre et 25 années d'experience sous la ceinture (ou plutôt au dessus). J'adorais ces femmes. Elles connaissaient leur métier. Elle pouvait te dire au coup d'oeil "Ah non Madame, vous ,vous faites du C!". Eh bien Mette est de cette école. A peine rentré dans la boutique tu te liquéfies. Tu deviens une petite puddle à ses pieds et tu exposes ton problème (le mien: je n'allaite que d'un côté depuis deux mois, je vous laisse devinez ce que ça donne en matière de décolleté). Elle te prend dans ses bras, te pousse dans la cabine avec au moins douze modèles et plusieurs tailles et hopla. Tu te retrouves à poil sans le moindre complexe (elle en a vu d'autres) et surtout surtout non seulement tu trouves UN soutif mais tu trouves LE soutif. Un peu celui qui manquait à ta vie tu vois. Celui où tu te disais "un jour je trouverai celui qui m'ira to perfection".
Que tu fasses du AA ou du E - vas voir Mette. Ton bonheur elle fera.

http://change.com/ pour une avoir idée des modèles
(de 45 à 80SD pour un bra). Change fait aussi des maillots de bain.

samedi 3 octobre 2009

Family Food

En attendant la mise à jour du nouvel ordinateur (l'ancien ayant rendu l'âme la semaine dernière) et les dernières photos ,je poste un petit post gris du samedi. Celui où on feuillète le Time Out en disant "mouaif, ferait ça quand j'aurais le temps". Celui où on joue à casser des briques sur FB. Celui où on fait un peu de cuisine pour Eleonore (purée de potiron au cumin) et on lit Feeding the Whole Family en long et en large. Celui où on ressort les Intemporels pour Bébés et on découpe enfin le tissu Liberty pour la barboteuse (promis je mets bientôt des photos). Celui où on se régale de saumon fumé bio français - juste une fois comme ça parce que quand même ça coûte un oeil. Celui où on regarde avec admiration Fils Premier faire ses devoirs de la semaine (alors on lui a ramené le deo qu'il aime bien). Celui où Elvire est partie au enième birthday party (JWT Gym) avec Mr Grémichon en disant "je veux que se soit maman qui m'emmène parce que toi tu sais pas où c'est" (je rappelle que Mr Grémichon a fait plus d'anniversaires que moi à ce jour, mais je me réserve le Build-a-Bear de dans deux semaines gnac gnac). Celui où on rêve du buffet tibétain jaune introuvable (ah bon vous faites pas ça vous?). Celui où on essaie de pas penser à la semaine qui s'annonce avec deux AR prévus sur Sembawang pour un suivi postpartum (non non plus près y avait pas - punaise c'est quasiment en Malaisie) et un tour à NUH pour une petite surgery pas envie pas envie pas envie. A ce jour ils m'ont deja envoyé TROIS rappels pour confirmer et un texto qui dit grosso modo: si vous ne venez pas appelez ici. Ca donne envie. Le samedi où on regarde en salivant les photos de The Magnolia Bakery Cookbook prêté par la maîtresse d'Elvire qui s'avère être un peu comme une copine. Qui m'embarque sur des projets nouveaux. Prévu en novembre: le Run for Hope: petite marche familiale de 4km sur East Coast en famille. Projet plus vaste en mai: voyage au Cambodge pour visiter le NHCC et apporter une formation massage bébé et massage enfants làbas (http://www.newhopeforcambodianchildren.com/history.htm). J'aimerais bien. Si on pouvait y aller en famille se serait encore plus mieux.
Samedi pluvieux humide et chaud. On transpire à grosses gouttes ces jours ci. On lave les trésors trouvés sur Arab street. On prépare notre prochain voyage à Shanghai. On se dit qu'il faudrait qu'on se bouge pour Noel. Lazy Saturday où on pense à la soupe de demain. Où on a pensé pour une fois à tremper les black beans qu'Eleonore a adoré la semaine dernière. Il pleut, les enfants goûtent et me propose un Guerre des Moutons. Je crois que la barboteuse se sera pour demain... Bon lazy Saturday!