lundi 30 novembre 2009

La doula

Quand elle m'appelle pour me dire que ça y est je sens le rush d'adrénaline. Un bébé va naître. Je branche mon cordon ombilical sur l'univers immense et je fais ma petite prière. Je me connecte aux milliards de femmes avant elle, je traverse le temps-espace. Je m'enduis d'humilité devant le miracle de la vie, j'inspire, je souffle. Je prends une douche. Toujours. Je me nettoie des impuretés, de ma journée. Mon sac est prêt. Je n'utilise pas le dizième de son contenu. J'emmène un tricot, un livre, j'enfile un pantalon souple, mes flip-flops et voilà. Tenue d'accouchement. J'ai besoin du taxi ride pour finir de vider ma tête de toutes ces petites pollutions internes. Quand j'arrive je suis là pour elle et elle uniquement. Je pose mon sac, je lui souris. Lui aussi est là. Au début nous parlons un peu. Je me sens projeté dans leur vie intime alors que nous nous connaissons à peine. Je les remercie de me laisser entrer comme ça. Dans quelques heures, elle sera nue et elle n'aura plus aucune pudeur. Elle ne le sait pas encore.
Les contractions viennent, partent. Je suis capable de dire à quel moment le bébé va naître maintenant - à une ou deux heures près. Je m'étonne. J'observe beaucoup en silence. Son visage, ses traits, son corps qui berce ou qui tremble. Le froid, le chaud qui arrivent par coulée. Un mot, une posture, un froncement. Ses mains qui s'accrochent. Et lui aussi.
J'aime être dans ce temps là. Ce temps long et calme. Comme un chat, je me pelote dans un coin, je laisse faire. J'encourage leur intimité à deux. Parfois je pars aussi. J'oublie de me nourrir, de boire, de dormir.
Et puis il y a toujours cette accélération. Mon coeur bat plus fort. J'accepte ses mots, ses pleurs, ses cris. J'accepte l'inquiétude dans ses yeux. Je suis là, tout simplement là. Quand elle s'ouvre et qu'elle sent instinctivement la fin, parfois elle recule, elle s'arrête, parfois elle fonce. Dans cette hésitation, elle est magnifiquement belle. La délivrance, le triomphe quand elle peut tenir son bébé. L'odeur du liquide amniotique. Le vernix. Cette couleur rose de chaire de bébé. Il n'y a rien au monde qui ressemble à cela et pourtant ce ça est universel.
Je laisse la famille se former, se reformer. Béatitude.
Je reviens pour le placenta quand elle est à nouveau secouée de contractions. Elle tient son bébé et oublie un peu ce qui doit s'opérer encore.
Et puis c'est le souffle, le soulagement. Les tremblements aussi. Elle se sent toute faible mais son visage parle dix mille tomes de la meilleure littérature. Le bébé s'ouvre doucement au monde, un oeil, une paume de petits doigts, les lèvres. Exquis petits gestes, lents et précieux.

Le monde autour me voit d'un autre oeil. Ignorée ou méprisée. Cela arrive souvent. L'autre jour un médecin m'a serré la main et remercié. Je crois que c'est bien la première fois. Les infirmières sont souvent dans l'indifférence. Peu importe j'ai appris à me faire une énorme carapace. Je souris à tout le monde. Je dis merci plutot dix fois qu'une. Et peu à peu parfois elles fondent. Me pose des questions. Me demande si j'ai des enfants. Rien n'est acquis. Parfois il faut recommencer la fois d'après dans le même service avec les mêmes infirmières.

Et puis il y a le départ. Je plie mes affaires, me change dans la chambre qui ressemble à un champs de bataille. Les poubelles débordent. Les draps pendent ça et là. Tout le monde est parti. En silence on se re-découvre. Je l'aide à se rhabiller, à se re-composer. On mange un peu. On rit, on sourit. Et puis sur la pointe des pieds je les laisse. Je sors le sourire aux lèvres, les portes font shhh. Dehors je respire à grandes goulées. Le taxi me ramène chez moi et il me faut bien ça, moi aussi, pour me re-composer. Pour entrer à nouveau dans la réalité. De ce lapse de temps qui est hors du temps et surréel. Je reviens au monde doucement.
Singapore by night est magnifique et je me laisse aller, hypnotisée par les mille et une lumières. Chez moi je reprends une douche, me laver de l'hôpital est essentiel. Retrouver mes odeurs, mes microbes. Et puis, et puis seulement, je peux serrer mes bébés à moi. Et je le serre toujours un peu plus fort.

dimanche 29 novembre 2009

Home défi 6 et fin


31/Quel est le plus grand ennemi de l'homme? Quel est le plus grand ami de l'homme?
Sa folie des grandeurs. L'humilité.

32/Qu'est-ce-que la guerre pour vous? Que peut-on faire pour qu'il y ait moins de guerre?
C'est la pire des atrocités. Enseigner la non-violence et la mettre en pratique dès la naissance.

33/Croyez-vous en Dieu? Que représente-t-il pour vous?
Je n'aime pas le mot Dieu. C'est un terme derrière lequel les religions (toutes confondues) ont mis tellement de choses auxquelles je n'adhère pas. Je crois au Grand Tout, j'ai une conception très personnelle et intime du "dieu". Je crois à la puissance de l'Esprit et à l'immanence de l'âme.

34/ Que croyez-vous qu'il y ait après la mort?
Il y a un tunnel et puis... le grand blanc. Le mélange des âmes.

35/ Connaissez-vous une prière? Pouvez-vous me la dire?
Mes prières sont trop intimes pour être dites ici.

36/ Quel est selon vous le sens de la vie?
Apprendre l'humilité et re-apprendre la simplicité. Etre au présent, vibrer dans l'instant.

37/ Qu'aimeriez-vous dire ou posez comme questions aux gens qui vont vous regarder?
Avez-vous souri à la vie aujourd'hui?

38/ Quelle est votre chanson préférée? Chantez-la...
"I am opening up in sweet surrender to this beautiful baby in my womb" - c'est ma chanson à tout faire!

39/ Que pensez-vous de cette interview, de cet échange? Quel est selon-vous son but?
Si tout le monde pouvait répondre ouvertement à ces questions nous nous sentirions peut être plus proche les uns des autres. Constater que mon quotidien est un luxe pour autrui ça peut aussi m'inciter à l'humilité, la tolérance, le respect - ce qui est je pense le but recherché?

40/ Souhaitez-vous ajouter quelque chose pour finir?
Je porte un anneau autour du cou sur lequel sont gravés deux mots: "Mindfulness". "Acceptance".

jeudi 26 novembre 2009

Home défi 5

26/ Qu'est ce que la nature représente pour vous?
Vaste question. Je me sens beaucoup plus près de la nature à Singapour qu'en banlieue parisienne. Et pourtant pas de saisons ici. Or les saisons marquent le passage. J'aime la nature quand elle est luxuriante et surtout quand elle reprend ses droits en 48 heures comme ici... J'aime beaucoup cette émission : Life after people... c'est très rassurant je trouve.

27/ Avez-vous vu la nature changer depuis votre enfance? Que faites-vous pour la préserver?
Oui. En Hollande nous avions de la neige tous les hivers. Le Elfstedentocht n'a pas eu lieu depuis au moins une dizaine d'années. Je fais beaucoup. Mais je trouve qu'on culpabilise trop l'individu au dépend des grosses multinationales et de l'agriculture. C'est tellement plus facile.

28/ Est ce que vous vivez mieux que vos parents? Pourquoi?
Non. Mes parents ont pu acheter leur bien - je ne sais pas si nous pourrons un jour en faire autant. Certes on a plus de technologies, plus de TOUT. Est ce que pour cela on vit mieux? Non. Il y a trop de choix, trop de tout. On en perd la tête - et c'est bien le but. La situation politique est sans doute plus stable mais il y avait une fabuleuse euphorie intellectuelle et artistique dans les années 60-70 qui n'existe pas nonplus aujourd'hui. Il y avait plus de possible, il y avait de l'espoir. Je vis dans une ère très pessimiste.

29/ Que représente l'argent pour vous? Pourquoi?
Chai pas bien.

30/ Qu'est-ce que le progrès pour vous et qu'en attendez vous?
Le progrès pour moi serait de voir eradiquer la faim et la misère dans le monde, la violence, la guerre. Tout le reste c'est du remplissage. Enfin non, merci pour la machine à laver quand même. Ah... et merci internet. C'est vrai suis-je bête!

lundi 23 novembre 2009

Pause (enfin...)


Désolé pour le petit home-break - je me suis absentée pour la naissance d'un petit David samedi dernier! Depuis je rame un peu - nuits hâchées avec Eleonore qui est très difficile au niveau des repas et un gros tas de boulot qui arrive la semaine prochaine: je pars donner mon Kidz Birth Talk trois fois sur à peine dix jours. Et il n'est pas prêt (argh). Je peaufine mon cours. Plus deux mamans à voir en postpartum et encore une naissance dans les jours à venir...
(et comme vous le savez toute cela n'empêche pas le reste, vous savez le côté obscur de la force domestique qu'il faut gérer EN PLUS : les voyages à préparer, les goûters d'anniversaires, les rv pédiatres, les check-ups des uns et des autres, les courses, et ooo! tiens! NOEL qui se profile à l'horizon ... Mais Bibi revêt son serre-tête à corne d'élan comme un vaillant petit soldat et va affronter les foules singapouriennes en délire dans les malls manquant parfois de faire un malaise quand elle entend "Petit Papa Noel" dans le Cold Storage le dimanche matin...)

Mon problème c'est de faire comprendre à mes petits lutins que "maman travaille" et que c'est pas parce que je suis à la maison que je n'ai pas un full-time job.
Tout ça sur un fond de burnout puisqu'on m'a trouvé une anémie et une grosse fatigue surrénale (adrenal burnout y zappelle ça ici - ce qui explique beaucoup de choses...).

Enfin Elvire est sympa, c'est mon service marketing, elle se promène près de la piscine et explique à qui veut que "my mommy is a doula! and we are going to Bali for Christmas! But I don't want to go to Bali because Father Christmas will come to Singapore! And my mommy helps mommies have their babies!"

En attendant Fiston premier lit les BD que son oncle Matthieu a offert a son père (en cachette) et n'arrive pas à s'endormir (c'est malin). Surtout que ses exams arrivent la semaine prochaine.
Elvire est aussi très fatiguée depuis sa sortie bus-metro-bumboat avec l'école jeudi dernier (le thème c'était les transports, vous l'aurez deviné!).
Adèle tient à peu près le choc mais a des moments très ado léthargique qui se vautre sur le canapé (ou n'importe quoi de mou). Je suis rassurée car elle a toujours un bouquin à la main (en ce moment le grand classique Anne of Green Gables je précise qu'il y a 16 mois Adèle ne parlait pas un mot d'anglais et voyez vous je suis très très fière d'elle!)
Monsieur Gremichon a encore une oreille qui fait des siennes... (l'oreille tendue? tension au boulot? je fais ma psychanalyse à deux balles)
Bref on sent que décembre approche et on a tous hâte d'être en vacances!

En attendant Elvire philosophe:
"Maman, il a un cerveau Marcel? (Marcel est notre bouledogue en peluche)
Euh non... il n'a pas de cerveau.
Ben alors, pourquoi il a une tête?

Si vous avez la réponse je suis preneuse...

vendredi 20 novembre 2009

Home défi 4 - double dose

16/Quelle est votre plus grande peur?
La mort d'un enfant

17/Avez-vous des ennemis? Pourquoi?
Pas vraiment d'ennemis. Des gens qui me mettent des batons dans les roues oui, hélas.

18/Qu'est-ce qui vous met le plus en colère et pourquoi?
Le mensonge. Parce qu'on nous prend souvent pour des prunes (surtout les obstétriciens, oops)

19/ Qu'est ce que l'amour pour vous? Pensez vous donner et recevoir assez d'amour?
Je peux sauter? C'est trop compliqué!!! JOKER!

20/Pour quelle raison seriez vous prêt à tuer quelqu'un? Pour quelle raison seriez-vous prêt à donner votre vie?
Mes enfants

21/ Pardonnez vous facilement? Qu'est ce que vous ne pourriez pas pardonner?
Non je suis assez rancunière. I'm working on it. Le mensonge encore

22/ Vous sentez-vous libre?
Pas assez encore...

23/Dans votre vie de tous les jours de quoi ne pourriez-vous pas vous passer?
Ma machine à laver (ben quoi? )

24/ Aimez vous votre pays? Avez-vous déjà eu envie de quitter votre pays? Pourquoi?
Je ne suis d'aucun pays et au bout de quelques années dans un même lieu je veux partir... j'ai la bougeotte... peut être qu'un jour ça s'arrêtera (dans le Valais?dans le Sud?)

25/ Pour vous qu'est ce que être chez soi? Qu'est ce que partir?
Etre chez soi c'est pouvoir se vautrer sur le canapé en vieux t-shirt pourri, regarder un film nul en mangeant un Ben and Jerrys straight from the box. Partir c'est faire beaucoup de valises et se rendre compte qu'on peut très bien vivre avec moins.

jeudi 19 novembre 2009

Home défi 3

Euh carrément dur dur les questions d'aujourd'hui... et vous, vous n'êtes pas très bavard out there dites donc. Et pourtant on a un beau petit tas de cartes...

11/ Quelle fut la dernière fois où vous avez pleuré? Pourquoi?
J'ai la larme facile donc ça m'arrive souvent et pas forcément pour des choses ultra graves. Mais là en l'occurence quelqu'un dans ma famille est à l'hôpital.

12/ Quel est votre plus grand rêve aujourd'hui?
Nombreux sont les petits rêves de mon nombril. Je préfère rêver d'un monde sans violence, où les enfants sont respectés, où on arrête la course poursuite pour le dernier gadget techno machin, un rêve d'un monde où les humains se posent et philosophent sous le tilleul ou le baobab (c'est un verbe ça?)

13/ A quoi avez-vous renoncé?
Hmm délicat ça. J'ai renoncé au mot carrière. J'ai renoncé à la violence. (J'ai renoncé à l'agreg d'anglais ;-)

14/ Qu'aimeriez-vous changer à votre vie?
Le jour où je passerai plus de temps devant ma machine à coudre que devant mon ordi ça sera parfait!

15/Quelle fut l'epreuve la plus difficile à laquelle vous avez du faire face dans votre vie? Qu'en avez-vous appris?
Je n'estime pas avoir eu une vie très difficile. Pas de famine, pas de froid, pas de pauvreté. Des livres en abondance. Des voyages. L'épreuve a été de surmonter la violence, l'injustice faite par les autres. Mais c'est une épreuve à vie. Ce qui compte: rester centrée en soi, ne pas prendre ça personnellement. J'ai appris à moins analyser les faits et moindres gestes des autres, à ne pas vouloir plaire à tout prix. Et j'avoue qu'avec l'âge j'y arrive de mieux en mieux. (Enfin c'est pas encore gagné quand même!)

mercredi 18 novembre 2009

Home défi 2

Qu'avez-vous envie de transmettre à vos enfants?
La bonté, la générosité, le don de soi. La nécessité de ralentir, d'apprécier l'infiniment petit, l'invisible. Le respect pour la nature et le respect de nos corps. Apprendre à critiquer, à chercher par soi même l'information que se soit pour un souci de santé où pour un fait politique. Etre soi. La non-violence.

Qu'est-ce qu'il est difficile de dire à ses enfants? A sa famille?
Pour le moment je peux tout dire à mes enfants - je n'ai vraiment pas de difficultés à leur expliquer les choses. C'est plutôt aux générations antérieures - expliquer ses choix de vie surtout quand ceux-ci choquent ou déplaisent. Argumenter un choix politique.

Quelle est ou quelle a été votre plus grande joie?
Mettre au monde mes enfants, les allaiter, les porter.
Mais aussi: rencontrer des sage-femmes et des doulas extraordinaires

Etes-vous heureuse? Qu'est-ce-que le bonheur pour vous?
Oui. Le bonheur c'est être avec les miens, faire le métier que j'aime, partager avec mes amies. Le bonheur c'est aussi observer la nature - petits instants d'immobilité où l'araignée s'endort dans sa toile et le lézard grimpe sur la branche, les graines rouges de saga par terre comme un mandala indien et la musique de la pluie (surtout ici)

Quel a été votre dernier fou rire?
Toujours à table le soir... les blagues pipi-caca-prout hélas ce n'est pas terminé... Eleonore commence tout juste!

mardi 17 novembre 2009

Home défi

Je suis tombée sur le questionnaire de Yann Arthus-Bertrand: 40 questions posées à 5000 personnes aux quatre coins de la planète et dont les réponses sont présentées dans l’exposition « 6 milliards d’autres ». Fascinée je me suis rendue compte à quel point certaines réponses auraient été différentes si j'y avais répondu de ma petite banlieue parisienne profonde il y a deux ans (!). Alors je n'ai toujours pas fait les ++ à Singapour (faudra un jour que j'analyse pourquoi au juste) mais ce que je peux dire c'est qu'on est drôlement heureux ici!
Petit auto défi: répondre au quarante questions, cinq questions par jour.
Postez vos réponses à une question ici et on fera un petit tirage au sort tous les jours avec les enfants pour gagner une de nos magnifiques cartes de Noel homemade!

1/ Quel est votre métier? L'aimez-vous?
Je pratique de nombreux métiers! Mais soutenir des femmes pendant l'accouchement et voir des bébés naître reste à mes yeux le plus beau métier du monde.

2/ Quel est votre tout premier souvenir?
Dans les bras de ma grande-tante, regardant en bas de l'immeuble, mon père lavant sa voiture. Je devais vraiment être toute petite...

3/ De quoi rêviez-vous quand vous étiez enfant?
Je voulais être photographe pour National Geographic et écrire des livres.

4/ Qu'avez vous appris de vos parents?
L'envie de lire et de voyager. Le don de soi.

5/Que représente la famille pour vous?
Mes enfants, mon Mr Gremichon c'est un peu mon monde, mon tout, mon roc. C'est ma stabilité, mon bien être, mon home (home is where my family is). J'adore les repas en famille - je crois que c'est le moment dans la journée où notre être ensemble est le plus fort (dans tous les sens du terme ;-)

A demain pour la suite!

mercredi 11 novembre 2009

Plastic plants!

Arf. C'est un peu la honte. Il y a un an je me moquais ouvertement de la passion des singapouriens pour les plantes et fleurs en plastoc. Kitsch. Moche. Quand notre agent nous a conseillé tel endroit pour trouver des fake plants je me souviens j'ai dit à Mr Gremichon quelque chose comme "over my dead body" ou "I'd rather eat frogs legs and die". Toujours est-il que je suis revenue aujourd'hui avec des branches. De feuilles. En plastique.
Mais promis juré craché puh! c'est BEAU!
Ou alors je me singapourise grave. A votre avis?
Pour ceux que ça intéresse la marque c'est SIA (un peu le top en matière d'imitation des plantes tout de même) et ça se trouve chez iwannagohome.

samedi 7 novembre 2009

Is not loving the Singapura...

Je sais, j'ai même pas encore fait mes 10 yahoos à Singapour que je refais un deuxième post coup de geule...
(enfin les yahoo j'ai l'impression que mes collègues de blog ont déja bien couvert le terrain héhé)
Ca fait juste cinq semaines que j'essaie d'obtenir un permis de travail. Créer la boîte c'est fastoche comme tout. Après c'est la boue, le marais qui pue, 58 mille coups de fil et au final c'est la préhistoire. Partout tu DEPEND de ton mari (merci Mr Gremichon). Et donc si tu veux travailler et que tu n'as pas une chique boîte de Bisounours qui te recrutent et qui font le boulot pour toi, tu es dans la m...
Etape 1 (à répéter trois fois): personne ne sait quel permis correspond à ma demande. Toutes mes collègues ont un LOC (Lettre of Consent). Sauf qu'elles sont PR ou DEPENdantes d'un Supermari dans une Super boîte. Visiblement NUS (la fac) ça ne plait pas au MOM. On a du me dire quinze mille fois "ah oui mais vous, votre mari n'est que NUS, alors ça ne marche pas".
Ca ne marche pas quoi?
Une fois qu'il a été établi par 150 mom'officers différents (qui ne parle pas entre eux c'est bien connu) qu'il me faut un LOC (et non pas un Entrepass) je saute sur l'application en ligne.
Je commets une erreur (oooh catastrophe) mais on me garantit que je peux rectifier le tir en envoyant le formulaire D5879777X, que dans 7 jours se sera réglé.
Trois jours après on me rappelle: "non mais vous ne pouvez pas demander un LOC. "Ah bon pourquoi? Il vous faut un EntrePass."
(je lui fait bouffer le téléphone? rhooo nooooon je reste polie)
Je renvoie le mail de confirmation de la chef en chef qui dit texto "vous pouvez demander un LOC".
Suit un échange de coups de filsplus absurdes les uns que les autres, je vous la fait en résumé: -c'est votre boîte qui doit demander le LOC (oui mais je suis "sole proprietor "donc la boîte c'est moi)
-c'est votre mari qui doit demander le LOC (euh..)
-ah oui, mais non, votre mari n'est que NUS
-vous ne pouvez pas demander de LOC en ligne, il faut faire l'application manuelle (pourquoi? personne ne sait)
Alors voilà: j'ai rempli mon formulaire. A la main. Ca va durer cinq semaines.
Et je parie que je vais avoir droit à un petit coup de fil avant. A choisir entre: "il vous faut un Entrepass pas un LOC", "mais vous devez faire votre application en ligne" ou encore "il manque un papier". Et d'ici là notre carte verte sera périmée et je pourrais recommencer tout le business en septembre.
I'm not feeling the love...

Scrap and cie


J'ai découvert le scrap brièvement avant notre départ pour Singapour. J'étais devenue un peu dingue après une expo de scrap à nos journées doulas annuelles - une maman en dépression post-partum avait, grace au scrap et à la photo, retrouvé un peu sa joie de vivre. Elle avait mis beaucoup d'intime dans ces pages et on était loin des carrés uniformisés qu'on trouve beaucoup sur les blogs aujourd'hui. Mais notre départ imminent et les vomitos six fois par jour n'ont pas été propice à la création et j'ai donc offert ma boîte de scrap à une copine ravie de recupérer des beaux papiers, des brads et quelques autres accessoires. Le problème du scrap c'est que le matériel est très cher!
Mais voilà une envie de scrap soudaine depuis que je passe devant Made with Love (Plaza Singapura http://www.madewithlove.com.sg/ ) et j'attendais de faire les cartes de Noel avec les enfants pour faire une virée dans cette boutique. Il y a des choses que vous pouvez trouver au Daiso (rubans, étiquettes, papiers) pour moins cher - il faut juste être d'accord pour faire 20 minutes de queue dans une boutique étouffante. Made With Love organise des cours de scrap -je vais certainement y faire un petit tour histoire d'en apprendre plus sur les peintures et poudres de perlinpinpin. En attendant j'avais déjà fait des emplettes de papiers un peu joli chez Popular (à un prix défiant toute concurrence: 1.50 SD pour 50gr) et j'ai donc surtout craqué pour les perles autocollantes, une machine à découper des cercles parfaits, des mini-brads, des autocollants cartonnés, de l'encre et du glitter glue (de la vraie, pas celle qui sèche dans le tube). J'ai une passion pour les beaux papiers comme pour le tissu. Je peux donc passer des heures à regarder le papier... Je n'ai pas honte de vous dire (euh enfin si un peu quand même) que j'ai passé UNE HEURE dans la boutique. C'était l'heure de pointe et pas franchement agréable. Malgré la taille et l'encombrement du magasin, ils ont eu la très bonne idée de mettre deux tables, de servir des latte et des cupcakes... le summum! Tu peux discuter matos, feuillèter les catalogues avec ta copine de scrap. Raaaaaah. Sauf que j'ai pas de copine de scrap (encore). En attendant j'étais tout de même surprise de découvrir qu'à Singapour les gars aiment bien le scrap aussi! Il y avait au moins 1/3 de garçons dans les rayons.
Meanwhile Elvire et Adèle sont atteintes de la scrapunite aïgue depuis ce matin. Une dizaine de cartes au compteur et ce n'est pas terminé!

mercredi 4 novembre 2009

Merci à vous!!

C'est pas vraiment un culture shock mais c'est un petit tremblement tout de même. Je viens pour la première fois de regarder le compteur des visiteurs et des pages lues de ce blog. Heureusement que je suis assise! 1859 visiteurs, 2505 pages vues en septembre. Aaargh!! Alors merci du fond du coeur - vous n'êtes pas très bavard (moi je le suis pour 10) mais c'est chouette de savoir que vous êtes là derrière mon petit écran. Merci de me lire! Toutefois laissez-moi un petit coucou de temps en temps - ça me permet de ne pas tomber de ma chaise quand je consulte mon livecounter. Pfew, fait chaud là tout d'un coup...
Ambrazos mes lecteurs.

Shanghai surprise: episode 2


(Eleonore et les poissons)

(Propagande)

(maquette géante de Shanghai)

Dans la French Concession nous avons visité le petit Dingxiang Park (très zen). Nous ne déjeunons pas à la cantine du Parti mais préférons nous faire déposer à Fuxing Park. A peine posé sur un banc que les uns et les autres s'approchent, nous observent. Plusieurs fois nous avons droit à "How do you do?" - petite illustration en live du documentaire Mad about English et le côté désuet de l'apprentissage de l'anglais revu et corrigé par la Chine. En même temps on se disait, si les Chinois se mettent à l'anglais... où irait-on! ;-). Elvire se fait prendre en photo partout (ça, on a l'habitude). J'observe les foules d'hommes autour de jeux de cartes. Les uns fument, d'autres jouent au saxophone. Beaucoup de mamies tricotent. Les arbres couleur d'automne au soleil... on avait un peu oublié à quoi ça ressemblait. Ensuite petite visite du Shikumen Open House (reconstitution d'un intérieur Shikumen fin XIXième). Balade le long des "hype" boutiques (Shanghai Tang and Co) dont les enfants n'ont rien à faire (Mr Grémichon nonplus d'ailleurs héhé). Il y a même un Paul (aaaargh des croissants!!!). Next day visite du Shanghai Museum (manque de pot, l'aile sur les minorités est fermée. On admire surtout les meubles et le jade. La série de bronze laisse les enfants de glace (quoi il est pas bien mon jeu de mot?). On traverse People's Square après une dejeuner sympa avec P. pour aller visiter le Urban Planning Centre qui abrite une gigantesque maquette de la ville. Les enfants ont adoré et ont passé un long moment à essayer de retrouver notre hotel, les différents quartiers visités et le Pavillon de l'Expo 2010. Elvire courait partout en hurlant "Regarde Papa! Je suis à l'autre bout de Shanghai!". Même Eleonore a eu l'air de trouver ça sympa! Tout en haut de l'immeuble nous tombons sur une expo de posters de propagande (du coup nous n'allons pas au Musée de la Propagande). Mercredi: visite de l'Aquarium construit par un Singapourien. On reconnait le tunnel et le tapis roulant- plus long ici. Les enfants ont aimé les pingouins et le tunnel plein de requins (hélas pas de lamentins pour Elvire). Petite balade le long de la rivière d'où nous pouvons admirer le Bund. Il fait beau - nous avons vraiment eu cinq jours de temps magnifique... La visite du Bund hélas fut inutile. Tous les immeubles sont recouverts d'échaffaudages à l'intérieur et des panneaux ferment le côté riviere. Impossible de rentrer dans la plupart des édifices pour admirer les plafonds. Petit coucou au Custom House tout de même avant de déguerpir. Les maisons derrière le Bund sont magnifiques, on le voit bien. Mais le monde, la poussière et le bruit nous font prendre la fuite. Too much.
Il faut dire que nous sommes bien fatigués de marcher en long et en large dans la ville avec nos quatre yoyos! Le dernier jour nous visitons le très beau Jade Buddha Temple et le quartier des artistes dans Mogshan Lu (anciennes usines retapées, loft plein d'art dit moderne - quelques belles toiles). Après un dejeuner rapide nous revenons nous balader dans la concession française avec l'envie de visiter quelques boutiques. Bredouille! Nous ne trouvons que le très beau Spin - boutique moderne de céramique.
Nous avons été ravis de visiter cette ville où nous ne serions peut être jamais allés! Ravis aussi de passer un peu de temps avec P. et S. et leur bébé, de voir comment ils vivent làbas. En tous cas les take-out sont aussi bons qu'ici (héhé) et les DVDs pas chers (je n'en dirais pas plus... disons qu'on a fait de bonnes affaires!). Personnellement cela m'a donné envie de voir Bejing!

Et sinon:


J'adore!

lundi 2 novembre 2009

Petit deuxième!


Vous étiez nombreuses à venir ici ou en mp me demander des renseignements sur la grossesse et les premiers mois à Singapour. Je ne souhaitais pas faire de ce blog autre chose qu'un blog familial (et il est devenu bien plus que ça finalement). J'ai donc décidé de créer un blog pro rien que pour vos beaux yeux (et ceux de bébé) (et ceux des supermaris allez): j'espère vous y lire aussi nombreux(ses) qu'ici! Champagne! (euh ça va là Sandra on se calme?)
http://accoucherasingapour.blogspot.com/
Pour info ma doula-boîte s'appelle Tranquil Beginnings et vous me trouverez dès le mois de novembre dans l'Agenda de la Gazette de l'AFS.