Une lecture importante pour tous ceux qui souhaitent mieux comprendre la Chine, les livres de Xinran ont le mérite de mettre en avant la voix du peuple et surtout la voix des femmes. J'ai récemment lu Message from an Unknown Chinese Mother, un livre qui m'a glacé le sang et projeté dans une profonde tristesse, mais qui m'a permis de mieux comprendre la situation des infanticides et l'abandon de petites filles chinoises. Dans ce livre Xinran fait parler les mères qui ont tué, abandonné ou donné leurs filles pour qu'un jour l'une d'elle, adoptée quelque part dans le monde, puisse lire la véritable horreur et puisse se faire une idée du désespoir total qui pousse les mères à se séparer de leurs chaires.Aujourd'hui en Chine on compte 117 naissances masculines en moyenne pour 100 naissances féminines et ce chiffre grimpe à 123 dans certaines provinces. En dehors du patrimoine familial qui ne peut être passé qu'au premier fils, il existe également des lois sur les terres qui permettent aux parents d'un garçon de gagner des terres arables. Actuellement les traffics de femmes s'accentuent ainsi que la prostitution sans parler des kidnapping sauvages dont Xinran dépeint un portrait dramatique.
Le taux de suicide chez les femmes chinoises est un des plus élevés au monde. Il est plus élevé que le suicide des hommes (alors que partout dans le monde c'est le contraire). Une femme sur cinq décédée entre l'âge de 15 à 34 ans s'est suicidée (source The Lancet).
Pour quelqu'un qui travaille dans le domaine de la naissance chaque jour, lire les horreurs infligés aux nourrissons filles en Chine est un supplice et j'ai eu beaucoup de mal à finir ce livre. Mais en même temps il constitue un précieux témoignage qui devrait être lu et entendu partout dans le monde.
Xinran a également écrit The Good Women of China que j'espère lire prochainement.
1 commentaires:
J'ai lu quelque part (Courrier International ?), que les "restrictions" sur les bébés filles entrainaient un déséquilibre démographique certain sur toute l'Asie (comme tu le soulignes), mais que, loin d'améliorer leurs conditions générales de vie (on pourrait penser que moins il y a de filles, plus elles sont privilégiées, dans l'optique de "ce qui est rare est cher"), au contraire, cela les expose encore plus: enlèvements par des "fiancés", "ventes" de famille à famille, alors que dans certaines régions, les hommes peinent à trouver des femmes. Mais évidemment, ce n'est le point de vue démographique d'un problème d'abord humain, individuel, corporel.
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