Semaine remplie jusqu'à rabords de petits coups de pieds de bébés, de mains posées, de regards, de sourires échangés, de mots que j'espère rassurant. A chaque fois on me fait confiance, et je ne sais pas toujours pourquoi. A chaque fois on me remercie. De ma présence, car je ne fais pas grand chose d'autre. Je pèse mes mots, mes silences. Je me répète comme un mantra humilité, simplicité, silence, rendre à la femme, au bébé, au père ce qui leur appartient. Je fais miroir, j'ouvre des voies, je parle d'autres possibles. Mes mains touchent, légèrement, un effleurement parfois, pour rester toujours celle qui est à côté et non en face (obstare)
Et pourtant, très souvent on me demande d'aller plus loin. Je ne compte plus le nombre de refus essuyés. Cela m'attriste et me frustre de ne pas pouvoir être la sage-femme pour elles dans ces moments là. Je sens toujours leur déception (je precise qu'ici il n'y a pas de sage-femmes)
Mais les choses changent peu à peu. Je dois encore m'ajuster à ce chemin emprunté qui sera visiblement celui de la patience. En attendant j'ai changé de lunettes. Au lieu de rester dans la frustration, l'attente de diplôme, j'ai décidé de mettre des mots nouveaux. Et comme vous le savez, tout commence par la façon de nommer les choses. Très bizarrement je ne me sens plus pareille, j'ai franchi une étape, comme soulagé d'un poids. Tout simplement en changeant l'angle d'analyse, le regard. Je suis désormais apprentie sage-femme, étudiante. J'ose peut être enfin le dire.
Comme un cadeau du ciel, certaines ont accepté de m'apprendre, de femme à femme, en attendant la validation d'un diplôme.
Socrates used to say that the wise women (midwives), on taking up the practise of making others give birth, abandon the practise of giving birth themselves
Serait-ce alors le temps de la femme sage? J'ai porté mes bébés, je n'en porterais sans doute plus. J'attends à présent de les accompagner encore un peu davantage, trop petits de voir leur mère partir sans cesse en pleine nuit. Pendant ce temps mes bouquins de cours seront mes amies et j'attendrais le temps qu'il faut. Tout cela paraît juste. Alors attendre oui, mais je n'attendrais plus les mains vides. Cette semaine des petits accessoires ont fait leur entrée dans ma maison - stéthoscope, sphygmomanomètre, et bientôt Pinard. Des cahiers, des nouveaux crayons, des stabilos. C'est ma rentrée à moi.
Reste à trouver l'équilibre éthique - il y aura le temps de la doula et le temps de l'élève sage-femme. Il va falloir mettre des casquettes très fluo.
Et pourtant, très souvent on me demande d'aller plus loin. Je ne compte plus le nombre de refus essuyés. Cela m'attriste et me frustre de ne pas pouvoir être la sage-femme pour elles dans ces moments là. Je sens toujours leur déception (je precise qu'ici il n'y a pas de sage-femmes)
Mais les choses changent peu à peu. Je dois encore m'ajuster à ce chemin emprunté qui sera visiblement celui de la patience. En attendant j'ai changé de lunettes. Au lieu de rester dans la frustration, l'attente de diplôme, j'ai décidé de mettre des mots nouveaux. Et comme vous le savez, tout commence par la façon de nommer les choses. Très bizarrement je ne me sens plus pareille, j'ai franchi une étape, comme soulagé d'un poids. Tout simplement en changeant l'angle d'analyse, le regard. Je suis désormais apprentie sage-femme, étudiante. J'ose peut être enfin le dire.
Comme un cadeau du ciel, certaines ont accepté de m'apprendre, de femme à femme, en attendant la validation d'un diplôme.
Socrates used to say that the wise women (midwives), on taking up the practise of making others give birth, abandon the practise of giving birth themselves
Serait-ce alors le temps de la femme sage? J'ai porté mes bébés, je n'en porterais sans doute plus. J'attends à présent de les accompagner encore un peu davantage, trop petits de voir leur mère partir sans cesse en pleine nuit. Pendant ce temps mes bouquins de cours seront mes amies et j'attendrais le temps qu'il faut. Tout cela paraît juste. Alors attendre oui, mais je n'attendrais plus les mains vides. Cette semaine des petits accessoires ont fait leur entrée dans ma maison - stéthoscope, sphygmomanomètre, et bientôt Pinard. Des cahiers, des nouveaux crayons, des stabilos. C'est ma rentrée à moi.
Reste à trouver l'équilibre éthique - il y aura le temps de la doula et le temps de l'élève sage-femme. Il va falloir mettre des casquettes très fluo.
7 commentaires:
Félicitations pour cette nouvelle aventure! Je t'avoue que je t'envie un peu (beaucoup même). J'espère un jour avoir la même chance que toi...
Les mots que tu écris sonnent si juste!
Tu nous raconteras un peu?
Bonne route
Myrtille
Promis Myrtille!
Ça sent le début de quelque chose. Une (toute petite) boule d'appréhension dans le ventre.
Toute personne qui t'aime ne peut que se sentir heureux(se) de savoir que tu prends le chemin de quelque chose qui t'appelle depuis longtemps.
Bonne route !
Bravo bravo et rebravo ! Je suis ravie pour toi et aussi pour celles qui auront la chance de t'avoir toi toute seule rien que pour elles !
Bon et apres tu pourras faire psy s'il te plait ? :)
Bises
waouh...et tout le reste bien sûr^^
Quelle bonne nouvelle! C'est un très beau projet, j'en suis très heureuse pour toi.
Bénédicte
Oui tout change avec l'acception et le fait d'oser se voir comme on veut être!
Et la phrase de Socrate m'interpelle car j'ai souvent eu cette impression qu'une sage-femme (libérale) ne pouvait l'être vraiment qu'après son temps d'accouchements à elle... monsieur Socrate et toi semblez le confirmer!
Sinon c'est quoi un sphygmomanomètre?
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