samedi 16 octobre 2010

Mom! I'm a teenager now!

Treize ans. Je me le répète inlassablement parce qu'en fait mon cerveau refuse d'enregistrer la chose. 13... hmmm. 13?!!! Nooon? OMG 13????!!!!!!!
13 c'est pas loin de 14 qui est pas loin de 15 et franchement 15 c'est presque 16 et 16 c'est presque le Bac!! Argh! On se le dit 18.000 fois par jour. Ca va trop viiiiite!
On observe la bête. Curieux animal mais c'est le nôtre. Vêtement préféré: caleçon petit bateau. Torse nu. Il se compte les poils des dssoudbras à table. Il sait déjà ce que c'est un BJ (si vous savez pas je vais pas vous faire un dessin). Mais il rêve encore de l'Arche de Noé Playmo qu'il n'a jamais eu. Il passe des heures à jouer aux monstres de l'espace de l'univers avec des gros scraaaahtchhhhh-bouaaaaargggfffffBAAAAFFFFfOOOOO- il est bruyant l'animal. Très. Il hiberne par moment. On le trouve assoupi dans un tas de coussins sous sa mezzanine. Aubin? Auuubin? Aubin t'es où? Pas de réponse. L'animal estime que s'il n'y a rien d'urgent, on risque de lui demander un service et donc il se muuure dans le silence. Ah t'es là? Euh vi. Kestufé? Ben rien. Ah. Mais t'es sûr ça va? Ouiiiii oooooh c'est bon! Faut pas bousculer la bête parce que si on réfléchi deux secondes quand elle va mal tout le monde le sait et en profite. Mais bon généralement ça va. Ca va très bien même.
Teenager lis des livres de physique et de chimie niveau terminale qu'il sort en douce de la bibliothèque de l'école. Il pose des questions compliquées (que même sa mère soupire et dit "va demander à ton père"). Du coup pour ses devoirs Teenager se débrouille complètement tout seul. On en reparlera quand il faudra faire une analyse littéraire. Teenager aime encore les figurines Papo. Les jeux de rôles et les voitures. Parfois il emmène la grosse baleine bleue dans la piscine (ne dîtes pas que je vous l'ai dit il aurait trop la honte). Il s'intéresse de près au métier de sa mère: c'est quoi un décollement de membranes? aaaaah tu veux dire c'est quand on met le doigts là et... Pfff seriously Mom, you have a weird job.
Sinon la bête rend service parfois. Pas très souvent parce que quand même faut pas charrier. La salle de bain c'est fait pour laisser des serviettes mouillées et des caleçons par terre. Le couvert il se met au boomerang et en trois secondes parce qu'on va rater Discovery Truc ou Ben 10 et que déjà ça va y en a que pour les petits moi je peux jamais regarder un truc de grand à la télé! Mais parfois il veut bien emmener sa petite soeur se laver les mains, la mettre dans le bain, lui enlever son maillot, la porter, lui chanter des chansons, lui lire des histoires. Parfois il se tape des fous rires monumentaux avec sa soeur cadette. Alors je le regarde et je me dis "tais toi,chhhttt, observe, profite!"..

Il est beau mon animal. Il est fort. Il est intelligent. Je l'aime. Et c'est moi qui l'ai fait. ;-)

samedi 9 octobre 2010

Alors cette conf?


Ben comment vous dire. Mind altering? Euphoria-inducing?
En tout cas ce qui est sûr c'est que j'en avais grand besoin. L'ambiance à Singapour côté naissance physiologique (ou devrais-je dire naissance normale) est assez glauque et j'ai très peu d'interlocuteurs initiés qui ne soient pas aussi mes concurrentes directes (et avec qui, inutile de dire, il est impossible d'avoir une conversation qui ne soit teintée de jalousie). Un bol d'oxygène donc qui m'a permis de prendre conscience de plusieurs choses qui étaient sans doute déjà là mais qui n'osaient sortir. La plus essentielle et urgente étant sans doute le désir de devenir sage-femme, VRAIMENT, désir latent, désir refoulé, désir toujours caché derrière autre chose d'inadéquat parce que ça fait peur aussi de "faire" sage-femme aujourd'hui et surtout peur de ne pas devenir la sage-femme que je veux être.

A Strasbourg j'ai pu rencontrer des dizaines de femmes qui comme moi rejettent le système d'éducation donné aux sage-femmes dans la plupart des pays et qui choisissent de s'exiler en Grande Bretagne, au Mexique, au Guatemala, aux USA, et même au Tibet, en Afrique (là ou nos compétences sont peut etre davantage appréciées que dans les pays occidentaux?) pour devenir une sage femme atypique, créative (?), bref une vraie sage femme, du genre de celle qui manie un Pinard voyez vous? Et quand bien même, le passage aux côtés des obstétriciens fait toujours mal même quand la formation est excellente. Pour toutes. J'ai vu beaucoup de femmes pleurer, beaucoup de douleur mais une sacrée gnac aussi. Le fait d'être si nombreuses et de partager cinq jours durant nous redonne le courage de continuer, de chercher. Combien de cadeaux reçus de femmes sages experimentées : "tu dois continuer", "tu es déjà une sage-femme!", "j'adore comment tu parles de tes accompagnements, tu as un super rapport à ces femmes". J'ai bu goulument. J'ai cru aussi. Chemins possibles. Et combien de femmes rencontrées qui avaient démarré des études à plus de 40 ans! (pas que j'y sois déjà hein oh!)

Alors j'ai pu discuter avec Elisabeth qui chapeaute l'école où je suis inscrite, serrer Carole que je n'avais plus revu depuis Philly, écouter Ina May parler de la naissance des jumeaux. J'ai été fasciné à nouveau par Gail, une sage-femme chercheuse drôlement intelligente qui me donne envie de faire de la recherche (who knows, maybe one day), par Naoli, à qui j'ai à peine osé parler tellement je me sens toute petite (es la que sabé!). Des femmes merveilleuses, fortes qui nous regardent pleine d'espoir parce qu'il arrivera un jour où il faudra passer le flambeau et qu'il faudra qu'on assume nous aussi ce rôle de "passeuses" de foi, de vie, d'espoir.

Et maintenant?
Le réveil est dur engoncé dans son jetlag de glue. Surtout qu'il fait chaud ces jours-ci. MAIS des idées, des projets et aussi quelques graines germées qui pourraient être très très prometteuses. Je ne peux en dire plus pour l'instant (oui je suis superstitieuse comme ça) mais je vous demanderais bien de m'envoyer un peu de vos ondes positives pour la suite. Je vais en avoir besoin dans les 20 mois à venir...