Je suis partie un peu vite et sans ma caméra. J'étais terrassée par le mycoplasme depuis une semaine et il m'importait juste de changer d'air, revoir mes amis, rencontrer une sage-femme ou deux. Arrivée à Denpasar je passe la douane et voilà que je suis la dernière devant le tourniquet vide. Pas de valise. Manque de pot il y a des cadeaux de Noel pour les enfants de mes amis dedans et je ne sais pas si une low cost comme Air Asia va mettre beaucoup d'energie à retrouver ma valise. Je pars donc avec mon sac à main direction Kenderan où mes amis m'attendent dans leur magnifique maison en bois traditionnelle, en plein milieu des rizières et vue sur le volcan. Il n'y a pas de bruits connus - le tzz tzz de la jungle, les grenouilles sous ma fenêtre font un bruit d'enfer et la première nuit je dors très peu. Le matin je suis réveillée par les coqs du voisin, les vaches et la lumière du jour. Je regarde le réveil: il est 5h!
Samedi nous avons prévus de dejeuner à Ubud et de s'y balader un peu. Repas au Clear Cafe - une overdose de repas végétariens, de jus, d'elixirs délicieux - le paradis des végans! Je passe le reste de la journée sur la veranda à regarder le volcan, les rizières et les heures défilent lentement. Exactement de quoi j'ai besoin. Le soir nous dînons à Indus - repas traditionnel balinais et un jus de limon au curcuma, le Jamu javanais, un délice. Et voilà que ma valise arrive à bon port!
Dimanche matin il est prévu une baignade dans la fontaine sacrée d'un temple. J'enfile le costume traditionnel balinais: sarong, blouse à manches longues et ceinture. Je sue à grosse gouttes avant même d'arriver aux marches en pierre qui descendent dans la jungle épaisse. L'intendante de la maison nous précède avec son plateau d'offrandes. Mais voilà que nous rencontrons le banja du village voisin et un autre homme. Une discussion s'ensuit. Le body language me dit qu'il y a un conflit. Je me dis ça y est on ne va pas pouvoir y aller... L'année dernière des expats ont sautés dans le réservoir de la fontaine, un bain sacré que personne ne touche, cela avait fait scandale. Les villageois ne se baignent que dans le troisième bain tout en contrebas, nus et après ayant fait de nombreuses offrandes. Cela étant dit nous rencontrons des jeunes qui remontent avec leur serviettes et des savonettes. La fontaine sert aussi de salle de bain dirait-on. La discussion continue. L'intendante se retourne enfin vers nous et nous dit qu'elle n'a pas le droit de descendre avec nous car il y a eu des décès dans son village et ces personnes n'ont pas encore été crémées. A Bali les morts sont enterrés puis déterrés et brûlés lors de crémations collectives. Moi je pense surtout que les deux hommes avaient envie d'affirmer leur pouvoir en voyant deux occidentales descendre à la fontaine mais je ne dis rien. Un des hommes propose de nous y accompagner, l'intendante insiste lourdement que nous devons enlever TOUS nos vêtements. Oui c'est bon on a compris, mais lui là il va où pendant qu'on se déshabille? Nous demandons à ce qu'il s'éloigne après les offrandes pour que nous puissions nous baigner à l'abri des regards. C'est parti, nous descendons dans l'épaisse jungle et arrivons au temple désert. Le bonhomme a empoché notre donation et sort une pièce de quelques centimes sur l'autel. Nous attendons que les derniers baigneurs côté homme sortent et c'est bon, la voie est libre. Nous nous doutons qu'il y a quelques yeux derrières l'épais feuillage pour observer deux "blanches" à poils mais peu importe. L'eau est glaciale et j'en ai le tournis. Nous ne resterons pas très longtemps. Nous brûlons de l'encens et restons silencieuses devant le spectacle des vieilles pierres mousseuses, des arbres racines qui recouvrent les vieilles pierres et la nature sauvage. J'en ai le souffle coupé. C'est sans doute un moment épiphanique dont je ne suis pas encore bien remise...
Rhabillées il nous faut alors remonter toutes les marches (ce qui me vaudra d'énormes courbatures). Je suis HS le reste de la journée et heureuse de comater sur le canapé dans la veranda. Le soir nous dînons au Café Wayan, encore un excellent repas traditionnel (nasi campu). Nous passons la soirée à refaire le monde sous le fan et nous sommes recompensés par le spectacle lumineux des lucioles.
I'd like to make myself believe
That planet Earth turns slowly
It's hard to say that I'd rather stay
Awake when I'm asleep
'Cause everything is never as it seems
'Cause I'd get a thousand hugs
From ten thousand lightning bugs
As they tried to teach me how to dance
That planet Earth turns slowly
It's hard to say that I'd rather stay
Awake when I'm asleep
'Cause everything is never as it seems
'Cause I'd get a thousand hugs
From ten thousand lightning bugs
As they tried to teach me how to dance
