jeudi 25 novembre 2010

Bali - saison 2 épisode 1



Je suis partie un peu vite et sans ma caméra. J'étais terrassée par le mycoplasme depuis une semaine et il m'importait juste de changer d'air, revoir mes amis, rencontrer une sage-femme ou deux. Arrivée à Denpasar je passe la douane et voilà que je suis la dernière devant le tourniquet vide. Pas de valise. Manque de pot il y a des cadeaux de Noel pour les enfants de mes amis dedans et je ne sais pas si une low cost comme Air Asia va mettre beaucoup d'energie à retrouver ma valise. Je pars donc avec mon sac à main direction Kenderan où mes amis m'attendent dans leur magnifique maison en bois traditionnelle, en plein milieu des rizières et vue sur le volcan. Il n'y a pas de bruits connus - le tzz tzz de la jungle, les grenouilles sous ma fenêtre font un bruit d'enfer et la première nuit je dors très peu. Le matin je suis réveillée par les coqs du voisin, les vaches et la lumière du jour. Je regarde le réveil: il est 5h!
Samedi nous avons prévus de dejeuner à Ubud et de s'y balader un peu. Repas au Clear Cafe - une overdose de repas végétariens, de jus, d'elixirs délicieux - le paradis des végans! Je passe le reste de la journée sur la veranda à regarder le volcan, les rizières et les heures défilent lentement. Exactement de quoi j'ai besoin. Le soir nous dînons à Indus - repas traditionnel balinais et un jus de limon au curcuma, le Jamu javanais, un délice. Et voilà que ma valise arrive à bon port!
Dimanche matin il est prévu une baignade dans la fontaine sacrée d'un temple. J'enfile le costume traditionnel balinais: sarong, blouse à manches longues et ceinture. Je sue à grosse gouttes avant même d'arriver aux marches en pierre qui descendent dans la jungle épaisse. L'intendante de la maison nous précède avec son plateau d'offrandes. Mais voilà que nous rencontrons le banja du village voisin et un autre homme. Une discussion s'ensuit. Le body language me dit qu'il y a un conflit. Je me dis ça y est on ne va pas pouvoir y aller... L'année dernière des expats ont sautés dans le réservoir de la fontaine, un bain sacré que personne ne touche, cela avait fait scandale. Les villageois ne se baignent que dans le troisième bain tout en contrebas, nus et après ayant fait de nombreuses offrandes. Cela étant dit nous rencontrons des jeunes qui remontent avec leur serviettes et des savonettes. La fontaine sert aussi de salle de bain dirait-on. La discussion continue. L'intendante se retourne enfin vers nous et nous dit qu'elle n'a pas le droit de descendre avec nous car il y a eu des décès dans son village et ces personnes n'ont pas encore été crémées. A Bali les morts sont enterrés puis déterrés et brûlés lors de crémations collectives. Moi je pense surtout que les deux hommes avaient envie d'affirmer leur pouvoir en voyant deux occidentales descendre à la fontaine mais je ne dis rien. Un des hommes propose de nous y accompagner, l'intendante insiste lourdement que nous devons enlever TOUS nos vêtements. Oui c'est bon on a compris, mais lui là il va où pendant qu'on se déshabille? Nous demandons à ce qu'il s'éloigne après les offrandes pour que nous puissions nous baigner à l'abri des regards. C'est parti, nous descendons dans l'épaisse jungle et arrivons au temple désert. Le bonhomme a empoché notre donation et sort une pièce de quelques centimes sur l'autel. Nous attendons que les derniers baigneurs côté homme sortent et c'est bon, la voie est libre. Nous nous doutons qu'il y a quelques yeux derrières l'épais feuillage pour observer deux "blanches" à poils mais peu importe. L'eau est glaciale et j'en ai le tournis. Nous ne resterons pas très longtemps. Nous brûlons de l'encens et restons silencieuses devant le spectacle des vieilles pierres mousseuses, des arbres racines qui recouvrent les vieilles pierres et la nature sauvage. J'en ai le souffle coupé. C'est sans doute un moment épiphanique dont je ne suis pas encore bien remise...
Rhabillées il nous faut alors remonter toutes les marches (ce qui me vaudra d'énormes courbatures). Je suis HS le reste de la journée et heureuse de comater sur le canapé dans la veranda. Le soir nous dînons au Café Wayan, encore un excellent repas traditionnel (nasi campu). Nous passons la soirée à refaire le monde sous le fan et nous sommes recompensés par le spectacle lumineux des lucioles.

I'd like to make myself believe
That planet Earth turns slowly
It's hard to say that I'd rather stay
Awake when I'm asleep
'Cause everything is never as it seems

'Cause I'd get a thousand hugs
From ten thousand lightning bugs
As they tried to teach me how to dance

samedi 13 novembre 2010

Mamzelle Lélé (22 mois)




Elle n'a toujours pas de poils sur la tête (allez quelques bouclettes dans le cou) mais mène toute la petite famille à la baguette. Nous sommes dans la phase non. "Lélé tu veux t'essuyer avec la serviette?" "Non serviette!" "Et pourquoi tu ne veux pas t'essuyer?" " Non pourquoi!". Le pot c'est fait pour faire pipi debout, à côté. Les couverts c'est pour jeter par terre, le bavoir aussi. Elle nous indique clairement quand c'est terminé "Fini manger!", "Fini dormir!". Sa chanson préférée du moment c'est "Gugusse" (C'est Gugusse avec son violon). Elle adore danser, sauter, nager (elle part toute seule au milieu de la piscine). L'âne Trotro son grand copain. Elle parle des heures au téléphone (télécommande de la télé) en disant des "allô? hm... hm... OKAYYYY!" Elle nous impressionne avec ses "bonhommes patates": elle dessine un cercle avec trois petits points dedans (yeux et nez). Elle chante Laurie Berkner "Marching! Marching!". Elle adore toujours être portée (beaucoup en ce moment) et parle très poliment "please! thank you! welcome!". Elle nous fait rigoler du matin au soir (ce qui rend parfois jalouse sa soeur aînée). Le pouce c'est une affaire qui va durer. Elle refuse les chaussures à semelles dures - va falloir recommander une paire de Soft Star. Elle connaît tout le monde dans le condo (merci la helper), adore le bus et les sorties et quand arrive le jeudi matin elle hurle "Music Grououououp!" (le petit groupe de chant du condo).
Parfois j'aimerais arrêter le temps... mais c'est si bon de la voir grandir, explorer, découvrir.


(mousse à raser et colorant alimentaire)


(bean tub d'après une idée originale de http://sewliberated.typepad.com/sew_liberated/2010/09/the-tub-o-beans.html - un grand succès qui amuse aussi les plus grands!)

(sac de balles de ping pong colorées au rayon bricolages et boîte de granola)

vendredi 5 novembre 2010

The Stuff of the Days


Les journées courent courent et les projets maisons restent au fond du tiroir. J'ai commencé à lire hier soir Radical Homemakers, le livre en suspens depuis belle lurette et voilà qu'en cette journée de Deepavali j'ai décidé qu'on ne ferait RIEN. Msieur Grémichon étant en vadrouille et après deux réveils à 5h du matin nous avons traîné longuement en pyjama ce matin. Je résiste à l'appel du boulot: ne pas répondre aux mails, ne pas ouvrir mes bouquins de sf, non non non "on ne peut pas" comme dirait Eleonore. Résister au bazar dans ma chambre, à la poussière, ne pas profiter de cette journée pour tout ranger. Non non non on ne peut pas! Rester à flâner, ne rien faire, boire du thé TWG, feuilleter les livres arrivés et pas encore ouvert, peut être un peu de cuisine, un gâteau, un petit plouf dans la piscine, un jeu? Un peu de pâte à modeler, chanter, se faire des câlins, rester allongés sur le sol. Je constate que des journées comme ça il n'y en a pas eu beaucoup ces temps ci et ça me manque. Mon vision wall n'a pas avancé et les photos commencent à jaunir. La lame de fond est passée - il faut maintenant consolider et prenant soin de ne pas s'épuiser. L'accélération a emporté beaucoup sur son passage, est venu le temps de ralentir. Et ainsi va la vie, pleine de montagnes à escalader et à resdescendre. Aujourd'hui on est dans la plaine. On avance sur un petit chemin et on s'arrête pour humer les fleurs.


Edito: (7 h plus tard) Vous y avez cru? Oui moi aussi! Sauf que la vie avec quatre enfants à la maison un jour de pluie ce n'est pas vraiment une plaine calme où on a le temps de humer les fleurs. La journée ça a donné ça:
Eleonore grognon et fatiguée mais ne voulant pas dormir a envoyé valser l'assiette de pilaf/tomates/feta et son bol de yaourt derrière, son bavoir aussi avec un grand "NON yaourt!". J'ai mangé mon assiette toute seule à table pendant qu'Elvire a decidé d'aller faire un dessin trèès important, Aubin aux toilettes (toujours pdt le repas) et qu'Adèle mangeait le yaourt de sa soeur. Eleonore n'a pas voulu dormir mais enchaîné bêtise sur bêtise: un pot de confiture plein de feutres par terre, bing le verre, le Bananarama éclaté avec toutes ses lettres dans le couloir, les lego et duplo dans la foulée aussi, finalement entre pleurs et hurlements elle s'est calmée quand on a fait un crumble pomme granny-banane-speculoos ensemble (une tuerie!), elle a voulu du lait puis re-pleurs "NON dodo!". On a chanté, finalement 14h45, Lélé dort. A peine le temps de poser une fesse (devant quoi un livre? un magazine? une thé? noooon!) devant l'ordinateur pour répondre à des mails du boulot trrrrès enervant, ranger un peu les piles dans ma chambre, voilà Elvire qui déboule pour goûter. A 15h35. Je propose un petit plongeon avant. Pas deux minutes dans la piscine déserte qu'il se met a pleuvoir. Tant pis, on reste! On remonte, je retrouve les grands affalés devant des céréales et des crackers . Et mon crumble alors?! Ah ben on avait oublié! Douche rapide et je repose une fesse (devant un livre/thé/magazine noooo!) devant l'ordinateur, toujours pour le boulot que Lélé se réveille. Je crois que ça va être pizza ce soir. Tout ça entrecoupé de "m'enerve la collègue-et si j'allais discuter avec la sf néo-zélandaise- oui mais alors s'ils ouvraient une maison de naissance ici-et le stage chez truc?-mince j'ai oublié d'envoyer le contrat pour la clim-les déguisements de Noel non mais serieux deja?!-et mon entretien lundi, crotte encore rien préparé-faudrait que je lave le bidule, il pue-qu'est ce qu'on va manger ce soir- c'est peut être des terreurs nocturnes-je l'ai peut être pas assez porté?-j'ai toujours pas rappelé machine- c'est peut être les dents-... (je continue? ...)

Une dizaine de fois je suis passée aujourd'hui devant le bouquin de Kabat-Zinn: Méditer: 108 leçons de pleine conscience. Dur de méditer quand tout autour, tout est toujours en mouvement. Mais finalement je me dis que dans ma liste de ce matin j'ai réussi quasiment à tout faire. Et je ne sais pas pourquoi dans ma tête ça ressemble toujours à Lost in Translation alors qu'en réalité c'est du pur Woody Allen.
Bon sur ce Lélé vient de donner un gros coup de chien (en bois) à sa soeur, je vous laisse...