mardi 17 mai 2011

Bali encore

(photo par GirlUnmapped sur Flickr)

Bali change. Bali me change.
Je découvre un peu plus le côté Tiers Monde et un peu moins le côté Touriste à chaque fois.
Je vois d'un oeil sceptique les bobos qui s'y installent pensant réaliser leur "plan vert" - Exemple:

-Tiens notre chauffeur (qu'on connait depuis trois semaines) m'a proposé de construire sur ses rizières un eco-village, ça permettra d'embaucher et de nourrir tout le village et on va planter du café bio, du cacao bio et du riz bio. -Et tu t'y connais en cacao bio? -Non mais j'ai un copain qui fait du super bon café bio -Et ton chauffeur il t'offre ses terres comme ça sans contrepartie? -Bah tu sais on va faire vivre le village et toute sa famille alors...

J'imagine que parfois ça marche. Beaucoup de fois ça ne marche pas du tout.
Un blanc à Bali c'est surtout un portefeuille ambulant ou alors un routard ou une sage-femme bénévole. Bali c'est une terre qui n'appartient à personne (même si tu as signé un bail de dix ans dessus). Bali c'est tu ne sais pas qui aller voir quand tu te fais avoir. Faut payer le banjar. Faut payer la police. Si tu écrases un chien par exemple, prends garde à toi. Le village entier est ameuté et tu peux avoir de sérieux problèmes.

Les chiens parlons-en. Ils sont partout. Ils vivent dans des conditions pitoyables. J'ai vu des chiens tout tremblant, laissant échapper une coulée de selles derrière eux, quand ils ne sont pas battus. Ils sont tellement nombreux qu'ils en deviennent agressifs. A chaque coin de rue tu te fais aboyer dessus. Il y a des assos qui s'en occupent. Ce qui fait rager les balinais parce que leurs enfants n'ont parfois même pas de quoi se vêtir - mais les chiens dans ces assos sont nourris, blanchis. Je me suis sérieusement demandé quelle serait la solution.

Quant au transport rien n'a changé. J'ai passé un temps fou en voiture pour quelques misérables kilomètres. Les routes sont infréquentables à certaines heures, embouteillées toute la journée. J'ai eu le malheur de me deplacer autour de 18H dans le Kerobokan - on a mis 30 minutes à sortir de la ville entre les voitures, les scooters, les chiens, les enfants, les rizières qui débordent et inondent la route - et encore y avait pas de singes cette fois ci.

J'ai surtout apprécié ma petite visite à Bumi Sehat - take two. Cette fois avec un chèque de 1950$. J'ai eu Robin toute à moi pendant au moins trente minutes (énorme quand on sait comme elle est occupée!). Elle m'a raconté ses derniers bébés décédés à l'hôpital (pour rien que de l'ignorance et de la mauvaise foi). Elle m'a raconté aussi comment l'arrivée du riz blanc et du soja OGM ont contribué à une malnutrition à grande échelle, surtout chez les femmes, chez qui ont voit un taux alarmant d'hémorrhagies du postpartum et de placentas/cordons déformés. Les balinais mangeaient à l'origine un riz rouge plein de fer. Celui ci a été remplacé par un riz blanc "à meilleur rendement" mais complètement vide nutritionellement.
J'attends avec impatience mon stage en maison de naissance cet été.

Du coup pas étonnant que la perception du temps et de l'espace change complètement. Je suis soulagée de pouvoir m'asseoir en fin de journée sur la verandah de mes amis. De contempler les rizières et le volcan au loin. Il y a une magie indéniable dans ce paysage, dans ce pays qui vous colle à la peau comme un grain de riz gluant.

1 commentaires:

lilou a dit…

j'en reviens. je n'ai rien vu d etout ca cette fois, depuis mes hotels 5 etoiles mais il ya dix ans je vivais a Jakarta et me rendais tres souvent a Bali pour "respirer" et ce que tu decris ne me surprends pas. En 10 ans j'ai ete frappe par les changements dans l'ile. le tourisme galopant de Kuta qui s'etend, les hotels partout a Ubud, le riz blanc comme tu dis d eplus en plus present...mais une fois de plus la douceur de cette ile m'a quand meme seduite.

ton regard est tres interessant.