Dans ma boîte mail ce matin: Congratulations your application has been accepted. C'est parti mon kiki comme dirait Eléonore. J'avais pas trop de doutes quant à l'acceptation de mon dossier mais c'est qu'il va falloir bosser très très dur maintenant. Décrocher mes stages (c'est pas gagné) M'auto-discipliner. J'ai choisi la voie la plus "créative" (celle à laquelle tout le monde répond WTF? t'es sûre que c'est pas une secte?). Nan c'est pas une secte. C'est une des formations les plus difficiles - tellement que certaines passent le concours au bout de la deuxième année... Pas que je vise ça direct là comme ça hein mais se serait joli. L'avantage c'est que quoi qu'il arrive, où qu'on aille, je peux l'emmener avec moi. Et travailler à côté.
Je pensais que c'était la fin - des mois que je cogite que je pèse le pour, le contre, de chaque solution. Parce que dans une famille nombreuse en ne prend pas trop de décisions egocentriques à la va-vite. Le pour le contre c'est pas juste pour moi. Et j'ai longtemps trouvé ça dur. Que je ne pouvais pas juste choisir pour moi. Mais finalement je me suis rendue compte que les autres c'était peut être l'excuse aussi finalement. J'ai gratté gratté. Retourné dans tous les sens. Impossible de savoir quelle sage-femme je serais. Mais je sais très bien quelle sage-femme je ne veux pas être. Je ré-écris comme tant de femmes aujourd'hui une profession en danger. En danger parce que c'est une profession qui exige un autre regard. Une profession dangeureuse aussi parce qu'on nous attend au tournant. On nous attend au tournant parce qu'on veut faire autrement. Jeux de pouvoir et pouvoir du sexe. C'est un métier qui touche à quasiment tout ce qui va mal aujourd'hui.
Je pensais que c'était la fin, cette décision comme un accouchement et - finalement après avoir envoyé ce dossier - une sérénité inouïe qui m'a envahie- pendant deux semaines les gens m'arrêtaient dans la rue pour me dire "you look so pretty", "you look so peaceful". Strange?
Peut être pas tant que ça. Et là c'est juste le début...